Revue de presse:
Revue de presse Juin 2007 :: L'Athletico de Madrid va ouvrir une école de foot au Maroc? (Maroc-Football.com) |   La banque publique marocaine CDG entre au capital de TUI (AFP) |  Première fission nucléaire à Maamora (Maghreb Confidentiel) |  Universités. Violences ethniques (Tel Quel) |  14,7 milliards de DH de dividendes à distribuer au titre de 2006 (La Vie Economique) |   Nouveau spectacle de Gad El Maleh (Tel Quel) |   Miami revient en force sur le marché des jus (La Vie Economique) |   Céréales: La campagne la plus maigre en sept ans (L'Economiste) |   500 000 qx de blé à trouver d’urgence ! (La Vie Economique) |   Promopharm en Bourse (Tel Quel) |  Saudi Arabian king pledges Morocco US$50 million for development, kingdoms sign bilateral accords (AP) |   Une entreprise espagnole installe plus de 34000 panneaux solaires au Maroc (Menara.ma) |  People. Le mariage d’Anelka (Tel Quel) On démolit Thomas ! (Le Journal Hebdo) |   Impact of Overheating Construction Sector in Morocco (The North Africa Journal) |   Presse. Marrakech, comme d’hab ! (Tel Quel) |  
 
 

Avis d'experts

Avis d’expert


   
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REVUE  DE PRESSE MAROC

Dossier : La folie Maroc (Challenges.fr)
=>cf. plus bas.

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Miloud Chaâbi offre 10% de sa fortune (L'Economiste)
Le président du groupe Ynna Holding, offre 10% de sa fortune (qui est de combien?) pour la création, au Maroc, d’une université privée à but non lucratif. Pour cela, Chaâbi a signé un accord de partenariat, le 27 mai, avec Lloyd William Benjamin III, président de Indiana State University pour la création de Indiana State University of Morocco. L’université sera située dans la région du Grand Casablanca sur un terrain de 170 ha et conçue en collaboration avec des architectes de renommée et des conseillers en aménagement des espaces culturels et universitaires américains. (...)

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Bientôt des kiosques administratifs (L'Economiste)
Le ministère de la Modernisation des services publics installera bientôt des kiosques administratifs au sein des grandes surfaces commerciales du pays. Ces nouveaux points de vente offriront des services de légalisation de 16h30 jusqu’à 20h en milieu de semaine, durant les week-ends et les jours fériés. Le ministère de l’Intérieur a déjà donné son accord de principe.

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Aéroport de Londres: taxe supplémentaires pour les passagers vers le Maroc (L'Economiste)
40 pounds de plus (environ 600 DH) pour chaque passager au départ de l’aéroport londonien Heathrow vers le Maroc.

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La communauté juive célèbre la hailoula au Maroc
http://video.chkoune.com/?2008/05/26/1166-la-communaute-juive-celebre-la-hailoula-au-maroc

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Le Maroc bat l’Ethiopie (3-0) en éliminatoires CAN - Mondial 2010 (APAnews.net)

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Le livre de Soukaïna Oufkir, La vie devant moi (Ed. Calmann-Lévy), est depuis peu disponible dans les bonnes librairies marocaines, au prix de 201 DH (Tel Quel)

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· Mawazine: Don royal aux jeunes musiciens (L'Economiste)
Un don royal a été accordé au terme de la 7e édition du festival Mawazine aux jeunes musiciens marocains ayant hissé leurs productions au rang de la créativité. Ont profité de ce don, 250.000 dirhams par bénéficiaire, les troupes H-Kayne, Darga, Hoba Hoba Spirit, Mazagan et l’artiste Joudia, en plus des lauréats du concours Génération Mawazine 2007, en l’occurrence May Ara-Fusion, Hakmin et The Stunt Boys.

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Lockheed to build F-16s for Morocco (Star-Telegram.com)
The Air Force on Friday awarded Lockheed Martin Aeronautics Co. in Fort Worth a $233.6 million contract to begin production of 24 F-16 fighters for Morocco. The Bush administration notified Congress in December that it planned to sell the fighter jets, plus engines, associated weapons and equipment in a deal valued at $2.4 billion. With the Morocco order, Lockheed has a backlog of about 125 F-16 orders including 30 planes for Turkey that will be assembled in that country. Production of F-16s at Lockheed's Fort Worth plant has slowed dramatically in the past year as the order backlog has dwindled. Company officials have said that they expect to produce about 30 planes this year and that the existing backlog should keep the production line open until about 2011. Lockheed employs about 14,000 people at the plant, with fewer than 2,600 now working on the F-16 program.

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Sahara marocain : un document de la CIA révèle que l’Algérie avait proposé l’autonomie en 1988 (Aujourdhui.ma)
Les services de renseignements américains (CIA) viennent de déclassifier un document «top secret», selon lequel l’ex-président algérien Chadli Benjedid avait proposé au Roi Hassan II l’octroi d’une autonomie au Sahara sous souveraineté marocaine. (...)

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Lancement officiel à Casablanca de la nouvelle chaîne « Aflam TV » (MAP)
(...) ce nouveau-né, qui vient renforcer, à partir de samedi prochain, l'offre de la Télévision numérique terrestre (TNT) de la SNRT (...)

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· TNT: 100.000 postes distribués (L'Economiste)
Lancée il y a un an, la télévision numérique terrestre (TNT) n’a réussi à convaincre que 100.000 clients, soit 0,3% des Marocains environ.

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Belgian daily L'Echo said Morocco's Attijariwafa bank had been cited as a possible buyer for Belgolaise's BCDC stake (Thomson Financial)

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De nouveaux horizons pour les portefeuilles (LeFigaro.fr)
(...) «L'Égypte par exemple recule d'environ 3 %, alors que le Maroc progresse de 22 %», souligne Anne Schwartz-Navarre, gestionnaire chez State Street. (...)

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Franchise. Big deal pour Bigdil ? (Tel Quel)
Les rues de Paris se dotent de magasins “made in Morocco”. La chaîne de boutiques d’accessoires féminins, Bigdil, s’installe dans la capitale hexagonale. Depuis l’ouverture de son premier point de vente en 2001, dans la ville ocre, la filiale du groupe Saham a fait son petit bonhomme de chemin et compte aujourd’hui une quarantaine d’enseignes à travers le Maroc. Côté France, d’après les études marketing préalables à l’ouverture de magasins, le créneau serait également porteur. Mais la marque ne serait pas vendeuse, les clientes parisiennes n’étant visiblement pas attirées par la dénomination “Bigdil”… à moins qu'il ne s'agisse d'un problème de propriété industrielle, puisque le terme fut aussi le nom d'un jeu télévisé sur TF1. Résultat : la direction planche sur une autre appellation, qui sera bientôt révélée.

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Une rue de Nanterre baptisée du nom de Brahim Bouarram ? (Bladi.net)
Le MRAP et l’ATMF ont demandé au maire de Nanterre, Jarry Patrick, de baptiser une rue de cette ville du nom du Marocain Brahim Bouarram, jeté, le 1er mai 1995, dans la Seine par des manifestants du Front national.

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· Distribution: Kitea voit grand (L'Economiste)
Après Marrakech, Kitea vient d’acquérir un terrain à Bouskoura pour la construction d’une grande surface à Casablanca. Selon le directeur général de l’entreprise, un nouveau concept (espace de vie) a été adopté pour ce magasin, qui sera doté de restaurants, cafés, animations et crèches pour enfants. Le montant d’investissement, selon les estimations, dépasse les 50 millions de dirhams. «Kitea prévoit un autre espace de ce genre à Dar Bouaâzza et Mohammédia dans le futur proche», annonce Amine Benkirane, directeur général de l’entreprise.

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T-Systems France en offshore au Maroc (Distributique.com)
(...) T-Systems France. Il annonce en effet le développement de ses activités en offshore pour réaliser des développements logiciels au Maroc avec la société locale Archos Conseil. (...)

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Le cimentier espagnol Lubasa s’installe au Maroc (L'Economiste)
· Il lance une cimenterie pour 3,5 milliards de DH
· Il est associé à Saâd Kettani

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Une banque attaquée à Casablanca, les braqueurs en fuite (Jeune Afrique)
Quatre personnes cagoulées et munies de bombes lacrymogènes, ont braqué mardi après-midi, une banque dans la périphérie de Casablanca, réussissant à emporter, selon les autorités judicaires marocaines, un butin de quelque 3 millions de dirhams (420 .000 dollars). (...)

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The world's top twelve hottie hang-outs (Gadling.com)
A couple years ago, as I was sitting in a mall food court in Krakow with an American friend of mine, we played an immature but instructive game involving female passersby: Would we or wouldn't we (let's say) date them? Of the first ten girls that passed by, nine were a resounding "yes," and the tenth was "yes, in a pinch." Such responses were not merely the product of our usual low, take-what-you-can-get standards. Every girl in this mall, and seemingly every girl in Poland, was an absolute knock-out. Over at Bootsnall, Roger Wade takes a look at twelve more places to check out the world's most beautiful people. The usual suspects like LA, Miami, and Sydney make the list, but there are also some unexpected entries. The inclusion of Rabat, Morocco, might surprise some people, though, having been there, I couldn't agree more. Also making the cut are Tel Aviv, Montreal, Copenhagen, Tokyo, and the home of one of Gadling's own beautiful people, Prague.
Whole thing here :
http://www.bootsnall.com/articles/08-03/12-places-to-see-really-good-looking-locals.html

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Sept mois après avoir acheté une frégate FREMM, le Maroc n'a toujours rien payé... (LePoint.fr)
par Jean Guisnel
Si l'admission au service actif de la première frégate multimissions (FREMM), L'Aquitaine , est toujours prévue pour 2012, celle du deuxième bâtiment de ce type, La Normandie , sera décalée de plusieurs années. Motif : lorsque la France a vendu une FREMM au Maroc en octobre dernier, c'est justement La Normandie qui a été attribuée au royaume, afin de ne pas repousser la livraison à une date trop reculée. Le rythme de production du chantier de DCNS à Lorient a été prévu pour 1,7 frégate FREMM par an, pas une de plus... Le futur navire amiral marocain sera baptisé Mohamed 6 , du nom de l'actuel souverain du royaume chérifien.
Mais à ce jour, un certain nombre de problèmes n'ont pas encore été réglés. Le premier est d'ordre financier. Si le contrat de 470 millions d'euros est bel et bien signé entre la France et le Maroc, les premiers sous ne sont pas encore entrés dans les caisses de DCNS. "Il n'y a rien d'étonnant à cela", dit-on tant chez l'industriel qu'au gouvernement : ces affaires prennent du temps, il n'y a rien d'inquiétant. En fait, les Marocains finaliseraient actuellement un crédit, pour lequel plusieurs banques et établissements financiers seraient encore en phase de négociation. C'est dans le cadre de cet emprunt que la banque retenue fera appel à la France pour qu'elle apporte sa caution financière, la Coface garantissant que les traites seront honorées. Or, pour cela, il faut un accord que Bercy rechigne un peu à donner.
Un manque de techniciens d'excellence
Selon une source bien informée, "si Bercy traînait trop les pieds, par exemple si la Coface estimait que le Maroc a dépassé les seuils d'endettement acceptables vis-à-vis de la France, des instructions politiques seraient données au Trésor pour passer outre ces réticences". Le second problème est plus surprenant. Quand un pays vend un navire de guerre, il vend également la formation de l'équipage qui le fera fonctionner. Depuis des années, la France s'est dotée d'un outil paraétatique chargé de cette fonction quand il s'agit de matériel naval, NAFVCO. Or, la marine marocaine exige que NAFVCO soit mise hors circuit, et que la formation soit assurée par la marine nationale française, gratuitement de surcroît. Sachant que la formation d'un équipage coûte de 30 à 50 millions d'euros, c'est un gros cadeau que le Maroc exige du contribuable français. À la marine nationale, on se veut compréhensif : "Nous sommes prêts à cet effort, si tel est le prix de l'attachement de la marine marocaine à la France !" Là, encore, l'avis de Bercy sera déterminant.
Enfin, dernière difficulté que les Français n'admettent que du bout des lèvres : il semble que la marine marocaine aura le plus grand mal à trouver des techniciens, officiers comme sous-officiers, pour faire fonctionner ce navire d'une extrême complexité. Les Français, eux-mêmes, ne savent pas comment ils vont pouvoir former des techniciens d'excellence à la conduite d'une machine aussi perfectionnée, et envisagent de faire concevoir des logiciels spécialisés dans l'apprentissage des systèmes de conduite et de combat des FREMM. Or, au Maroc, lancé dans la course au développement, tous les secteurs réclament des techniciens de haut niveau, que les entreprises ont déjà du mal à trouver... Renault-Nissan, qui investit un milliard d'euros dans la région de Tanger, est précisément confrontée à ce problème.

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Des fosses communes déterrent un noir passé (Libération.fr)
Les bulldozers réussiront-ils là où l’Instance Equité et Réconciliation (IER), chargée de faire la lumière sur les disparus des années noires du règne de Hassan II, a partiellement échoué ? Lors de travaux de construction, deux fosses communes et des restes d’ossements humains ont été découverts, en moins de deux mois, dans trois villes marocaines, théâtres dans les années 60, 80 et 90 d’émeutes réprimées dans le sang.
La série macabre a débuté en mars dans un jardin public en cours de réhabilitation, à Fès : des ossements humains datant d’une époque antérieure aux années 90 ont été mis à jour. Un mois plus tard, à Nador, dans le nord du pays, 16 corps, dont celui d’un enfant de 15 ans retrouvé avec son sac de billes, ont été déterrés à l’occasion de travaux d’extension d’une caserne de pompiers, ancienne annexe des forces auxiliaires de l’armée dans les années 80. Les cartes d’identité et les vêtements retrouvés sur 6 cadavres ont permis de faire remonter les événements aux émeutes étudiantes de juin 1984, parmi les plus violentes qu’ait connues le Maroc. Enfin, début mai, à El Jadida, ville de la côte atlantique, 8 crânes ont été exhumés par les pelleteuses chargées de la construction d’une résidence touristique. Prises de court, les autorités marocaines se sont réfugiées dans le silence en attendant les résultats des enquêtes ADN pour déterminer l’origine des corps exhumés à Fès et El Jadida.
Mais, déjà, ces découvertes relancent la polémique sur le travail de vérité lancé depuis l’accession au trône du roi Mohammed VI, à l’été 2000. En 2005, à l’issue d’un an d’enquête, l’IER, qui a eu à traiter plus de 16 000 dossiers d’atteintes aux droits de l’homme entre 1960 et 1990, avait déclaré ne pas avoir pu faire la lumière sur le sort de 66 disparus (sur un total de 592 morts et disparus durant cette période), évoquant, sans les nommer, le manque de coopération de certains services de sécurité.
«En Amérique latine, en Afrique du Sud, la question des victimes et de la vérité s’est posée dans le cadre d’une transition politique. Le Maroc a essayé de résoudre cette question en gardant le même cadre constitutionnel et en maintenant à leurs places les responsables des exactions. Ceci a ses limites», explique Mohamed Sebbar, président du forum Vérité et Justice. Cette ONG indépendante avait vivement contesté, avec d’autres associations de défense des droits de l’homme, les conclusions de l’IER sur le nombre de victimes liées aux différents soulèvements (325 selon l’IER), tout comme l’incapacité de la commission à localiser les dépouilles des disparus.
«Les découvertes d’aujourd’hui liées au hasard nous confortent dans l’idée que d’autres fosses communes existent comme nous l’avons toujours affirmé», explique le président du forum Vérité et Justice, qui organise aujourd’hui une «caravane» de trois jours à Nador pour exiger que «toute la lumière soit faite sur les disparus et que cette page sombre de l’histoire puisse être ainsi définitivement tournée.».

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Charge: Sahara Tribal Women Jailed for Adultery (Womensenews.org)
By Dominique Soguel
A member of a Moroccan delegation in New York this month described a secret detention center in southwestern Algeria for mothers whose only crime was being unwed. The story's political backdrop is a complicated territorial dispute in Western Sahara.
Pregnant women and single mothers are languishing in a secret detention center in Tindouf, a southwestern province in Algeria, charges Brahim El Selem. "It is made out of mud bricks . . . You can't see the jail because it is a hole between two hills."
El Selem says the women's detention center--which he says he visited three or four times--confines almost 30 women, some with toddlers. The structure's zinc roof provides minimal protection from the Saharan desert heat, he adds.
The women's offense? Sex outside marriage, a crime often leading to jail-sentences for men and women in Muslim countries.
El Selem says he is a former police officer with the Polisario Front, an independence movement backed by Algeria in its decades' long fight with Morocco over the Western Sahara.
El Selem says women in this jail can leave under only two situations. One is when her child turns 2. The other is if a member of the Sahrawi community agrees to marry her. Marriage for single mothers is so improbable that he says that option is rarely exercised. Although one woman, he says, did resort to marrying a mentally retarded cousin to get out.
He says he visited the prison for unwed mothers while on patrol duty. Some of the women, he says, were rape victims who continued to suffer sexual abuse at the hands of their guards.
El Selem spoke with Women's eNews in an interview at the Moroccan Mission to the United Nations in New York while he was in New York and Washington earlier this month as part of a delegation sponsored by the Moroccan Center for American Policy, a Washington-based lobby of Morocco's King Mohammed VI, a U.S. military ally and trading partner. Morocco has had administrative control over most of the Western Sahara, a mineral-rich former Spanish colony, since 1976.
Territorial Dispute
El Selem's former employer, the Polisario Front, is an independence movement that has fought for control over the Western Sahara against Spain, Mauritania and Morocco.
The armed dispute between Morocco and the Polisario Front has displaced tens of thousands of Sahrawis, nomadic tribes in the Western Sahara, into Polisario-controlled refugee camps in Algeria.
Morocco and the Polisario have been engaged in a war of words since a ceasefire ended armed conflict in 1991.
"Since the shooting stopped there's been a propaganda war about human rights said Eric Goldstein, senior researcher for Human Rights Watch Middle East and North Africa division in New York. "With the Polisario trying to portray Morocco as brutal occupiers and Morocco trying to portray Polisario as a bunch of dead-ender, washed up, Stalinist revolutionary puppets of Algeria."
Nonetheless, Goldstein thought El Selem's account was worth consideration. "They are on tour sponsored by the Moroccan government. But what they have to say is worth listening to."
Aid Calculations
Moroccan critics say that Sahrawis refugee camps impose harsh conditions on residents and that Polisario leaders smuggle and sell intended aid intended for the refugees. In the absence of an up-to-date census, the United Nations calculates aid for 91,000 while Algeria--which supports the Polisario Front--calls for supplies for 156,000 refugees.
El Selem's delegation, which included six former Sahrawi refugees that left the Sahrawis camps for Morocco in 2008, visited congressional representatives, media outlets and Human Rights Watch in New York.
While calling attention to the charges of abuse at the women's detention center, the delegation's main goal was to urge a U.N. census of the camp population and repatriation protocol for anyone who wants to leave a Polisario-controlled camp and return to Morocco.
When asked for his reaction to El Selem's account, Goldstein challenged the allegation of secrecy. He said Polisario leaders invited him to visit a detention center for single mothers and adulteresses during a trip to the region last November. "The authorities told us about it. It is in no way a secret prison."
"Certainly conditions in the camp are harsh," said Goldstein. "But I didn't investigate this prison, so I don't have contradictory information or information that would corroborate what they (the Sahrawi delegation) told us." He said that he declined an invitation to visit the women's detention center because it fell outside the scope of his mission. But Goldstein has since followed up on rumors of this center and says he will visit the center at the next available opportunity.
Mouloud Said, the Polisario representative in Washington, D.C., categorically denied El Selem's allegations of a detention center for unwed mothers. "I've never heard about this. This kind of allegations are not ones that you can have substantiated 5,000 miles from the place."
Report in Coming Months
Human Rights Watch will issue a report on the conditions of Sahrawis on both sides of the border in the next few months and will further investigate the women's detention center in future trips.
"Concerning mothers with children born out of wedlock" Polisario Justice Minister Hamada Salmi wrote to Goldstein in a letter dated May 6, "this matter concerns certain sexual acts that are considered crimes because they affront public modesty as per the traditions of our society and the religious upbringing of our children."
Adultery and sex outside marriage, the letter said, are crimes punishable with one to five years under articles 169 and 170 of Polisario's penal code. Women and men found guilty serve time in single-sex detention centers.
Mothers and their children typically spend one or two years until they can be "reintegrated into society." The minister's response also suggested that women were kept for their protection from so-called honor crimes, in which women are killed for committing acts that shamed their family or community.
The same letter--Goldstein provided Women's eNews with an unofficial translation--said that the women's center is called Center for Maternity Assistance because it looks after the personal health of the woman and her unborn child. The center also protects both her and her child from any unwanted attack and provides mandatory instructional therapy sessions to help them move on from their difficult circumstances. Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir " target\u003d\"_blank\" onclick\u003d\"return top.js.OpenExtLink(window,event,this)\"\u003e Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir u003c/a\u003e\u003cbr\u003e\n\u003c/font\u003e\u003cbr\u003e\n------------------------------\u003cWBR\u003e------------------------------\u003cWBR\u003e---------------------\u003cbr\u003e\n\u003cbr\u003e\n\u003cb\u003eDOSSIER : La folie Maroc (Challenges.fr)\u003cbr\u003e\n\u003c/b\u003e\u003cbr\u003e\n\u003cb\u003eMohamed VI, 45 ans, fêtera neuf ans de règne \u003cbr\u003e\n\u003c/b\u003eHassan II disait de son fils : «Lui, c\u0026#39;est lui, moi, c\u0026#39;est moi.» Dont acte. Devenu roi il y a neuf ans, Mohammed VI applique un nouveau style, plus libéral, à la monarchie marocaine.\u003cbr\u003e\n«Le trône des Alaouites est sur la selle de leurs chevaux», a dit un jour Hassan II à son fils. Mohammed VI, 45 ans, qui fêtera le 30 juillet neuf ans de règne, ne l\u0026#39;a pas oublié. Même si le jeune souverain a troqué le pur-sang arabe de ses ancêtres pour une grosse berline à toit ouvrant dans laquelle il sillonne sans relâche le royaume, inaugurant ici un hôpital, là une gare ou un orphelinat. «Au début de son règne, Hassan II se déplaçait tout autant, rappelle un haut commis de l\u0026#39;Etat qui connaît bien les deux hommes. La différence, c\u0026#39;est qu\u0026#39;il voyageait pour soumettre ses vassaux, pour contrôler les provinces rurales rebelles... Son fils le fait davantage en contremaître pour vérifier l\u0026#39;état des chantiers qu\u0026#39;il a entrepris.»",1] ); //-->
Polisario authorities, Goldstein says, have been vague about whether the detained women have been convicted of crimes and are serving sentences or being held without a trial ostensibly for their protection from the community. However, he says, they did admit to having four-to-five cases of these women per year.
"We oppose women behind bars for adultery, and we oppose women behind bars for their protection unless they want that protection," Goldstein said. "It is the responsibility of authorities to protect women if there is problem of honor crimes in the community without locking them up to do so."
Dominique Soguel is Women's eNews Arabic Editor
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DOSSIER : La folie Maroc (Challenges.fr)

Mohamed VI, 45 ans, fêtera neuf ans de règne
Hassan II disait de son fils : «Lui, c'est lui, moi, c'est moi.» Dont acte. Devenu roi il y a neuf ans, Mohammed VI applique un nouveau style, plus libéral, à la monarchie marocaine.
«Le trône des Alaouites est sur la selle de leurs chevaux», a dit un jour Hassan II à son fils. Mohammed VI, 45 ans, qui fêtera le 30 juillet neuf ans de règne, ne l'a pas oublié. Même si le jeune souverain a troqué le pur-sang arabe de ses ancêtres pour une grosse berline à toit ouvrant dans laquelle il sillonne sans relâche le royaume, inaugurant ici un hôpital, là une gare ou un orphelinat. «Au début de son règne, Hassan II se déplaçait tout autant, rappelle un haut commis de l'Etat qui connaît bien les deux hommes. La différence, c'est qu'il voyageait pour soumettre ses vassaux, pour contrôler les provinces rurales rebelles... Son fils le fait davantage en contremaître pour vérifier l'état des chantiers qu'il a entrepris.»
Héritier d'une dynastie
Comme ce 12 mai quand il visite le barrage Yacoub-el-Mansour dans la région de Marrakech. Sans garde du corps, le roi sort de sa voiture pour serrer les mains des centaines de badauds en liesse rassemblés sur son passage. Costume sombre, lunettes noires, tout sourires : on croirait Nicolas Sarkozy en campagne. Là s'arrête la comparaison. Mohammed VI n'est pas qu'un chef d'Etat, c'est un monarque de droit divin pour qui le temps n'a pas le même sens; sultan et Amir al-Mouminine, commandeur des croyants, représentant et héritier d'une dynastie au pouvoir depuis quatre siècles. En 2005, au cours d'une visite du jeune roi en Espagne, un journaliste du quotidien El Pais l'interroge : «Qu'est-ce qui a changé sous votre règne par rapport à celui de votre père ?» «Probablement le style, répond-il. Mon père disait à mon sujet : «Lui, c'est lui, et moi, c'est moi.» Chacun a sa manière particulière de travailler. Mais l'important c'est l'objectif. Je sais où je veux aller. Mon père, que Dieu l'ait en sa sainte miséricorde, le savait aussi.»
Fan de Johnny
Le style ? S'il s'est un peu assagi, fonction oblige, Mohammed VI a gardé le mode de vie du temps où il était prince héritier. Il ne réside pas au palais royal Dâr-al-Mahkzen de Rabat, mais dans une villa, avec sa femme, Lalla Salma, 30 ans, qu'il est le premier souverain alaouite à présenter publiquement à ses sujets, et ses deux enfants, Moulay Hassan, 5 ans, et Lalla Khadija, 1 an et demi. Dès qu'il peut s'échapper des obligations royales, Mohammed VI fi le sur la côte gadirie, ou au large de sa résidence de Mdiq, dans le Nord, faire du scooter de mer, sa passion, au point d'être surnommé «Majetski» par ses critiques; il n'hésite pas à s'afficher avec son idole Johnny Hallyday, avoue «aimer la musique commerciale» et cultive un fort penchant pour les sportives rutilantes, qu'il conduit à toute allure. «Plus personne ne s'étonne de le voir passer sur la corniche à tombeau ouvert quand il descend à Casa», raconte ce financier revenu au pays après des études en France. Comme de nombreux jeunes Marocains aisés, il se trouve en phase avec son souverain. «Ici, il vaut mieux ne pas être malade, ne pas avoir de problème avec la justice et gagner de l'argent pour envoyer ses enfants étudier à l'étranger, mais malgré tout, les choses bougent. Pas assez vite peut-être, mais on vient de loin», résume-t-il. A l'image des nouvelles routes, des tours et des villas qui fleurissent partout, «M6» a insufflé une nouvelle dynamique au pays, plus jeune, plus moderne, plus entreprenant. Ceux qui doutaient des capacités à diriger de Smit Sidi, le «petit monsieur» comme on surnomme affectueusement le gamin en djellaba que les Français découvrent aux obsèques de Georges Pompidou à Notre-Dame au côté de Michel Jobert, ont dû se rendre à l'évidence : c'est lui qui gouverne. Trop même, glisset-on dans les cercles politiques. Le souverain alaouite reste une énigme pour la plupart de ses sujets il n'a donné aucune interview à la presse marocaine en neuf ans -, mais il s'est défait de cette image de garçon fragile, meurtri par une éducation autoritaire dont il échappait lors de virées à Paris, Londres ou New York, en compagnie de son frère cadet Moulay Rachid et de sa soeur aînée, Lalla Meryem, avec laquelle il garde des liens étroits.
Politiquement affranchi
«Hassan II avait préparé le terrain du changement, son fils a su imposer son rythme et sa propre identité», dit un proche conseiller. Se sachant malade, obligé de lâcher du lest pour préserver son trône, Hassan II a montré la voie de la transition démocratique à la fi n de son règne en nommant le vieil opposant socialiste Abderrahmane Youssoufi au poste de Premier ministre. Mohammed VI l'y a mainte nu. Il est allé plus loin, en limogeant dès novembre 1999 Driss Basri, le ministre de l'Intérieur de son père qui incarnait les années sombres de l'ancien régime. Il a aussi permis à cheikh Yassine, contestataire islamiste, de s'exprimer.
La reconnaissance de la cause berbère à travers le manifeste amazigh en 2000, l'adoption en 2004 d'un Code de la famille moderne en faveur des femmes (la Moudawana), la création de l'instance Equité et Réconciliation chargée de faire la lumière sur les disparitions et les détentions survenues sous le règne de Hassan II sont autant d'actes symboliques qui marquent les premières années au pouvoir de Mohammed VI et font entrer le Maroc dans une nouvelle ère. «Une manière de tuer le père, même si, depuis, on a le sentiment que les avancées de la société civile sont au point mort», note un ancien ministre.
Le Maroc est désormais bien engagé dans la voie démocratique, après deux scrutins législatifs libres en 2002 et en 2007, mais il n'est toujours pas question de monarchie parlementaire. «Ceux qui pensaient que Mohammed VI allait devenir un Juan Carlos marocain n'ont rien compris du Maroc ni de son souverain», confie un proche du premier cercle du palais. Dans une des rares interviews accordées à la presse, en 2001, au Figaro, le souverain s'indigne : «Juan Carlos, je le respecte et je l'aime beaucoup, mais la monarchie espagnole n'a rien à voir avec la monarchie marocaine. Les Marocains veulent une monarchie forte, démocratique et exécutive.»
Passionné par l'économie
Ainsi, la Constitution marocaine, révisée en 1996 pour la doter d'un Parlement à deux chambres dont l'une élue au suffrage universel -, confère à son dirigeant un pouvoir absolu sur les Affaires étrangères, la Défense, la Sécurité publique, les Affaires religieuses et la Justice. C'est le roi qui nomme par dahir (décret royal) le Premier ministre, dont les bureaux font face à ceux du cabinet royal dans l'enceinte du palais, ainsi que les ministres et la plupart des fonctionnaires d'autorité. Moins présent sur la scène internationale que Hassan II «plutôt Taza que Gaza», dit-il -, au point que certains lui reprochent son absence de vision, Mohammed VI s'implique en revanche beaucoup plus dans les affaires économiques du royaume. Chef d'Etat, mais aussi premier entrepreneur et premier banquier du royaume à travers l'ONA, holding royal qui contrôle 60% des valeurs boursières de Casablanca, il suit de près la privatisation de Maroc Telecom, la cash machine du pays, et sa prise de contrôle par le français Vivendi. Il veille aussi aux avancées de l'ambitieux plan Azur et à ses nouvelles stations balnéaires qui doivent accueillir plus de 10 millions de touristes en 2010. Il est aussi à l'origine de la construction, par Bouy gues, du nouveau port de la ville de Tanger (lire page 70) dont il rêve de faire une nouvelle porte de la Méditerranée. «C'est lui qui donne l'impulsion du changement, assure Jean-René Fourtou, président du conseil de surveillance de Vivendi. Il suffi t de le rencontrer : un physique imposant, grand, puissant, c'est l'autorité incarnée. Avec lui, pas de temps perdu, on parle développement économique et avenir du royaume.»
Entouré d'une fratrie
Mohammed VI règne, mais difficile de dire avec qui. «Le pouvoir actuel est une nébuleuse, avec plusieurs sphères à géométrie variable qui évoluent au fi l des brouilles et des réconciliations au sommet», regrette un membre de l'ONG Transparency Maroc.
Dès son accession au trône, le roi fait le ménage dans le cabinet royal qui se vide de ses «monuments» (à l'exception d'André Azoulay, ancien conseiller de Hassan II, et d'Abdelaziz Meziane Belfkih, déjà chargé de mission du père et gourou économique du fi ls) et se garnit des anciens camarades de classe du Collège royal. Un sérail très particulier, où les princes sont éduqués de manière quasi féodale en compagnie de jeunes gens «méritants», choisis par mi les meilleurs élèves du royaume, tous issus d'une région différente. «Une fratrie qui doit tout au roi. Ils ont été élevés avec lui, ils ont sou vent fait les mêmes études universitaires que lui, puis commencé leur carrière professionnelle dans les dernières années du règne de Hassan II, le plus souvent au service de l'Etat, et se retrouvent aujourd'hui dans le premier cercle du pouvoir», souligne Ali Amar, directeur de la rédaction du Journal Hebdomadaire.
Parmi eux, deux hommes se distinguent. Fouad Ali el-Himma, l'ex-ministre délégué à l'Intérieur, a désormais la haute main sur les affaires politiques. Il est sans doute, entre tous, celui qui a le plus de pouvoir. Il gère les dossiers les plus sensibles, notamment les questions sécuritaires et celles liées à l'organisation du champ politique. On dit de lui qu'il est l'«oeil du palais» et qu'il a l'«oreille du roi». Cet homme de réseaux a su tisser sa toile avec le souci de promouvoir des hommes de la génération du souverain, et de repérer dans le secteur public comme dans le secteur privé ceux qui étaient le plus susceptibles de mettre en musique la politique de modernisation du royaume marocain.
Face à lui, Mohamed Mounir Majidi. Surnommé «3 M», il dirige à la fois le secrétariat particulier du roi et la Siger, le holding représentant la fortune de la famille royale qui contrôle désormais l'ONA. Autant dire que rien ne se fait dans le domaine économique sans son aval. «Le problème, souligne un chef d'entreprise qui connaît bien les rouages du palais, c'est la rivalité entre ces deux hommes, qui font la pluie et le beau temps dans les conseils d'administration et au sein des ministères, ce qui brouille les cartes.»
Autre domaine dans lequel «M6» laisse le flou s'installer : la liberté d'expression. Il suffi t de regarder les couvertures des journaux qui étalent les luttes internes au palais pour comprendre que l'ère de Hassan II est bel et bien révolue. Reste «qu'on ne sait plus trop où sont les lignes à ne pas franchir», estime le directeur de la revue TelQuel, Ahmed Benchemsi, qui a hérité d'un procès pour avoir suggéré au roi dans un de ses éditos de s'offrir un prompteur afin de lire ses discours de manière plus décontractée.
Pressé par l'attente du pays
Le 30 juillet, le roi devra pourtant trouver les mots justes pour rassurer une population rurale appauvrie par la sécheresse et l'envolée des prix des biens alimentaires. En ce jour traditionnel de discours du Trône, l'exercice ne sera pas facile. Car celui qui avait voulu se faire appeler le «roi des pauvres» au début de son règne est loin d'avoir fait ses preuves sur ce terrain : plus de 4 millions de ses sujets vivent encore avec moins de 2 dollars par jour, et près de 48% de la population reste analphabète. Le vingt-troisième roi de la dynastie alaouite a conscience de cette fragilité du pays. C'est la raison pour laquelle il est plus que jamais sur les routes, observent les députés. «Mon rythme est celui du Maroc», disait avec assurance Mohammed VI il y a sept ans. Aujourd'hui le temps presse.

Il aime
Etre décomplexé. Marrakech. Les sports de glisse. Les oeuvres sociales.
Il n'aime pas
Etre critiqué. Vivre au palais à Rabat. Faire des discours. Etre comparé au roi Juan Carlos.

Ce qu'ils disent de lui
Jean-René Fourtou, président du conseil de surveillance de Vivendi et coprésident du GIEFM (Groupe d'impulsion économique franco-marocaine) : «Il fait des choix économiques, notamment une large ouverture sur l'extérieur, qui sont courageux et pas forcément faciles à tenir, mais il s'y tient»
Lahcen Daoudi, vice-secrétaire général du Parti islamiste modéré : «Il reste un décalage au niveau des priorités : si le paysage politique changeait au même rythme que les infrastructures, ce serait merveilleux.»
Un proche conseiller : «Il a un style et un rythme qui lui sont propres. Mais rien ne se fait de manière conjoncturelle au Maroc : les rois se méfient de l'urgence, ils ne sont pas otages de l'instant»
Un diplomate marocain : «Avec Mohammed VI, on ne voile pas la réalité du Maroc, on l'assume. Nous sommes entrés dans l'ère du pragmatisme et du réalisme.»


Un royaume dynamisé
Riads, fêtes, célébrités : le Maroc s'affi che en couverture des magazines. Quand ce ne sont pas Jamel et Mélissa qui convolent à Marrakech, ce sont Cécilia et Richard qui se baladent en amoureux à Fès, dont Richard Attias, le nouveau mari de l'ex-madame Sarkozy, est originaire. Le roi lui-même, fan de Jet-Ski, amoureux des coupés Mercedes et ami de Johnny, cultive volontiers cette image un peu bling-bling.
Bien sûr, le Maroc est loin de se résumer à ce tableau d'opulence et d'excès. D'abord parce que la pauvreté, bien qu'en régression, y demeure préoccupante, surtout dans les campagnes. Ensuite, parce que le royaume chérifien reste une monar chie traditionnelle : pas question pour l'héritier de la dynastie alaouite, commandeur des croyants, de se transformer en roi «moderne» à la Juan Carlos (lire son portrait page 72). Il n'empêche, bien plus que son père, Hassan II, «M 6» se comporte en président du conseil de surveillance de son pays, surveillant de près la privatisation de Maroc Telecom ou la réalisation du plan Azur, qui vise à accueillir au Maroc 10 millions de touristes à l'horizon 2010. A cette date, le tourisme devrait représenter 20% du PIB marocain. Six stations balnéaires sont en construction, et les groupes français comptent bien profi ter de ce boom. Accor, qui gère déjà 27 hôtels dans le pays, y a une quarantaine de projets de développement, tandis que Lucien Barrière ou Pierre & Vacances y font, en 2008, leurs premiers pas.
Un enrichissement qui profi te d'abord aux plus aisés
Projets pharaoniques
L'explosion touristique a contribué à un boom immobilier sans précédent. Amplifi é par la croissance démographique et une urbanisation accrue, il touche toutes les grandes villes : Mar rakech (lire notre reportage pa ge 64), Essaouira, Casablanca, Tanger ou Rabat. Pour la première fois en 2007, le Maroc a franchi la barre des 120 000 logements. Certains commencent à craindre l'éclatement de la bulle. Ahmed Taoufiq Hejira, le ministre de l'Habitat, se veut rassurant : «Le pays doit résorber un défi cit cumulé de 640 000 logements.» Le patron d'un groupe touristique français n'en est pas si sûr : «La surchauffe viendra de l'immobilier, notamment à Marrakech.» Les stations balnéaires du plan Azur ne sont pas les seuls projets pharaoniques du royaume. A la porte de la
Méditerranée, le gigantesque port de Tanger Med a ouvert partiellement ses portes (lire notre reportage page 70). A proximité, la zone franche s'étale à grande vitesse : Renault-Nissan a prévu d'y installer une usine d'où devraient sortir 200 000 véhicules dès 2010. Autre priorité stratégique : l'offshoring. Plus de 22 000 emplois ont déjà été créés dans le domaine des centres d'appels, et des milliers d'autres dans les services financiers, administratifs, ou dans l'industrie de l'information. A Casablanca, la plateforme de Casanearshore commence à accueillir ses premiers locataires. Non loin, un «aéropole» regroupe une cinquantaine de sociétés aéronautiques, dont Safran et EADS. Vivendi, Bouygues, Lafarge : les entreprises françaises jouent gros dans ces multiples développements.
Fracture sociale
Les retombées de ces projets ? Elles ne sont pas les mêmes pour tous. Il suffi t d'aller sur la colline d'Anfa, le quartier chic de Casa où se sont ouvertes des boutiques Cartier et Dior, et où subsistent des bidonvilles. «Le Maroc vit à deux vitesses, rappelle Mohammed Madani, politologue à l'Université de Rabat-Agdal. Une classe de nouveaux riches a profité de l'ouverture du pays et du boom immobilier. A l'inverse, la classe moyenne n'arrive plus à se loger et entretient un mécontentement diffus dans la société.» Permettre aux Marocains de s'enrichir en limitant la fracture sociale : le roi doit trouver le juste équilibre, sauf à attiser les braises de l'islamisme. Un exercice plus difficile que le Jet-Ski au large d'Agadir.
par Pauline Damour  &  Bertrand Fraysse

Marrakech plébiscité
Tout a commencé par une émission de M6 dévoilant les charmes de l'ancienne capitale des Almoravides accessibles «au prix d'un deux-pièces à Paris». Dix ans après, l'immobilier de la ville a flambé.
Le concierge nous ouvre la porte du toit, encombré d'antennes paraboliques. De là, la vue est imprenable sur l'avenue Mohammed-V, qui relie le quartier du Guéliz à la médina. Tout au bout, on aperçoit le minaret de la Koutoubia, l'emblème de la ville. Juste en bas, un grand trou entouré de palissades. Il y a trois ans s'y trouvait encore le marché central, «un bijou de l'architecture coloniale», selon un commerçant du quartier. Les touristes venaient y acheter des poteries, et les habitués de Marrakech, comme Jean-René Fourtou, président de Vivendi, s'y lançaient leurs invitations entre deux étals de viande ou de fruits et légumes. Malgré les protestations unanimes, tout a été démoli. Des panneaux annoncent la construction d'un complexe commercial. Baptisé Carré Eden, il devrait ouvrir ses portes fi n 2009. Le nom du promoteur est à lui seul un symbole du nouveau luxe de Marrakech : Simon-Xavier Guerrand-Hermès, vice-président de la célèbre maison du faubourg Saint-Honoré et propriétaire d'un des plus beaux riads (palais) de la ville.
La disparition du marché central n'est qu'un des dégâts collatéraux du séisme immobilier qui secoue l'ancienne capitale des Almoravides. «Dans le quartier du Guéliz, une villa tombe chaque jour», constate un riverain. A la place des jardins luxuriants s'élèvent des immeubles de cinq étages, le maximum autorisé à Marrakech. Leurs appartements sont achetés par des bourgeois de Rabat ou de Casablanca à la recherche d'un pied-à-terre. La clientèle européenne et celle des «MRE», les Marocains résidant à l'étranger (la moitié sont en France), entretiennent aussi la fièvre, comme le montre le succès du Salon de l'immobilier marocain à Paris (lire l'encadré page 66).
Programmes par dizaines
Jusqu'à 20 kilomètres du centre, on voit fleurir des lotissements aux noms évocateurs : les Portes de Marrakech ou les Rivières de l'Atlas. En 2012, lorsque le Douja Golf Resort sera ouvert, on y trouvera un hôtel cinq étoiles, un parcours de dix-huit trous, des appartements et des riads, en réalité de belles villas avec patio. Aux Parcs de l'Agdal, une vingtaine de villas et une soixantaine d'appartements sont déjà presque tous vendus à des Marocains et à des Européens, souvent retraités, à des prix compris entre 160 000 et 1,2 million d'euros. Et, à Dar Lamia, sur la route de Casablanca, 46 riads, d'une superficie allant de 240 à 543 mètres carrés, trouvent preneur entre 300 000 et 600 000 euros.
Des programmes comme ceux-là, il y en a des dizaines. Sur le papier, ils se ressemblent tous : «sécurisés», avec vue sur l'Atlas, promettant à la fois le confort européen et le charme de l'architecture arabo-andalouse, avec ses zelliges, les fameux carrelages marocains, et son tadelakt, le revêtement mural traditionnel à base de chaux, supposé embellir en vieillissant. «Au moins 5 000 villas devraient être livrées dans les deux prochaines années, 200 immeubles sont en construction, et 4 à 6 nouveaux golfs prévus dans les deux ans qui viennent», assure Yves Menuteau, patron de l'Immobilière de Marrakech, agence partenaire du groupe Mercure France, spécialiste des belles demeures.
Villes-satellites
Les projets touristico-immobiliers se multiplient. Fin 2008 s'ouvrira un complexe Fouquet's Barrière, comprenant un hôtel de luxe et une trentaine de «riads de prestige». De même, le groupe Pierre & Vacances s'est implanté pour la toute première fois au Maroc, et prévoit d'ouvrir plus de 4 000 lits à Marrakech à l'horizon 2013. Au boom touristique s'ajoute une pléthore de projets de logements économiques. Des villes-satellites ont surgi, destinées à reloger les Marocains qui n'ont plus les moyens de vivre en centre-ville. La ville nouvelle de Tamansourt ambitionne d'accueillir pas moins de 200 000 habitants avant 2015. «Ici, en six mois, vous pouvez revenir dans un quartier que vous connaissiez et ne plus rien reconnaître», assure Ludovic Petit, décorateur français installé depuis une douzaine d'années. «C'est devenu comme Marbella dans les années 1970, résume Mustapha Zine, notaire. Nous sommes à un tournant : pour la première fois, il y aura beaucoup plus d'offres que de demandes.»
Ahmed Taoufiq Hejira, le ministre marocain de l'Habitat, a beau certifier que «c'est un boom, pas une bulle», à Marrakech, le temps de la spéculation semble bien révolu.
«On vendra plus mais moins cher : il faut que les promoteurs se mettent cela dans la tête», assure Karim el-Achak, un des architectes de la ville les plus demandés. Ce que confirme Yves Menuteau : «Déjà, certains appartements du Guéliz sont en baisse. Seuls les beaux riads anciens continueront à grimper, à condition qu'ils aient été parfaitement restaurés. Pour le reste, les clients se montrent désormais beaucoup plus difficiles.»
Des riads aux terrains
Les prix de l'immobilier ne pouvaient pas continuer à flamber indéfiniment. A Marrakech, tout a commencé par une émission de M 6, diffusée en 1998. Le magazine Capital faisait découvrir aux Français les riads de la médina, des palais des Mille et Une Nuits acquis «au prix d'un deux-pièces à Paris». Jusqu'alors, les belles demeures étaient réservées aux initiés, comme Bernard-Henri Lévy, propriétaire du palais Getty racheté à Alain Delon, ou bien Pierre Bergé et Yves Saint Laurent, possesseurs depuis quarante ans d'une sublime villa jouxtant le jardin Majorelle. En quelques mois, ils ont été des milliers d'autres à débarquer. Ils n'ont pas à le regretter : en moins de dix ans, les prix des riads ont été multipliés par dix. «Ceux qui en ont acheté un en 2000 pour 70 000 euros, et ont dépensé à peu près autant pour sa restauration, le revendent 700 000 aujourd'hui, estime un commerçant de la médina. La plupart des Français ont d'ailleurs déjà revendu pour acheter une villa à l'extérieur : les offres étaient trop belles.»
Après ceux de la médina, les prix se sont envolés dans tout Marrakech. «En deux ans, dans le quartier du Guéliz, le prix du mètre carré pour un appartement a doublé, passant de 800 à 1 500-1 700 euros. Et dans les quartiers les plus chics, comme la Palmeraie, où il n'y a quasiment plus de biens disponibles, il n'y a pas de limite», constate Jean-Luc Saadia, agent immobilier. Les prix des terrains ont crû encore plus spectaculairement. «En 2000, on achetait 1 hectare dans la Palmeraie pour 50 000 euros : il vaut de 700 000 à 800 000 aujourd'hui !», signale Yves Menuteau. Jean-Pierre Munier en sait quelque chose. Il y a neuf ans, ce retraité de 72 ans a acheté un terrain de 1 hectare à 15 kilomètres de la ville pour 40 000 euros - il en vaut dix fois plus aujourd'hui. Problème : en construisant sa maison, il pensait y être tranquille. «Dans moins de cinq ans, je serai en ville», prédit-il.
Art de vivre certain
En dépit de la rumeur permanente des travaux et de son urbanisme contestable, Marrakech est toujours pourvue d'attraits. «Les gens s'y achètent un art de vivre, observe Suzanne Serna, présidente d'Europro Partners Immobilier. On y trouve du personnel de maison pour pas cher. Le climat est excellent pour les personnes atteintes de problèmes respiratoires. Et le savoir-faire des artisans permet à chacun d'avoir le décor de ses rêves.»
Ce rêve, comme beaucoup de retraités, Jean Ferrand, ancien dirigeant d'une société informatique, l'a enfin réalisé. Sa maison «andalouse» de 700 mètres carrés sur un terrain de 1 hectare, il l'a achetée sur plan en 2005 et s'y est installé dès février 2007. Pourtant, le lotissement auquel elle appartient, commercialisé par Mandarine Group, est loin d'être terminé. Mais c'est avec un grand sourire que le propriétaire nous montre ses zelliges, son tadelakt impeccable et les tableaux «sur mesure» qu'un peintre local a réalisés pour lui. Et puis il y a le confort que lui procurent le jardinier, la cuisinière, la femme de ménage, «les charmes de la vie coloniale», dit-il avec candeur. Certain, en plus, d'avoir fait une affaire. Sa villa, vendue aujourd'hui 1,2 million d'euros, il l'a achetée «beaucoup moins». Et elle ne risque pas de perdre de sa valeur. Juste en face, devant les montagnes de l'Atlas, à la place des champs où labourent encore des paysans, un golf devrait bientôt être aménagé.
Acheter au maroc, mode d'emploi
La chaleur, ces jours-là, était digne du sud marocain, et le pont de cinq jours, plutôt tentant. La 5e édition du Smap Immo, à Villepinte, a néanmoins été un succès, accueillant du 8 au 11 mai plus de 40000 visiteurs : des Marocains envisageant de retourner au pays, des trentenaires à la recherche d'une résidence secondaire, des retraités attirés par les avantages fiscaux.
Les conférences consacrées aux pièges de l'achat d'une résidence faisaient salle comble. Premier danger : acheter un terrain «non titré», c'est-à-dire non inscrit au cadastre. Le risque est alors grand de voir le prétendu vendeur contesté par des membres de sa famille, et la procédure pour obtenir le fameux «titre» dure... de cinq à sept ans ! Même «titré», un terrain doit ensuite obtenir la VNA («vocation non agricole») : là aussi, la procédure (de deux à huit mois) est plutôt complexe. En achetant sur plan, vous éviterez ces complications, mais vous vous exposerez à d'autres pièges. Les promoteurs peuvent disparaître avec les avances, ou vous livrer des logements non conformes à ce qui était prévu au départ. Sans parler des retards, qui peuvent atteindre plusieurs mois. Pour éviter les mauvaises surprises, exigez un contrat préliminaire de vente conçu par un notaire et respectant les dispositions de la loi sur la Vefa («vente d'immeubles en l'état futur d'achèvement»). Enfin, au-delà des subtilités juridiques, l'achat d'une résidence au Maroc requiert une certaine souplesse d'esprit. Pour accélérer les procédures, mieux vaut ne pas être allergique à la pratique du bakchich. De même, comme sur la Côte d'Azur, il faut souvent accepter le principe du «noir», en moyenne 15 à 20% du montant de la transaction. Enfin, mieux vaut prévoir une certaine marge pour satisfaire les exigences du vendeur. La spéculation est telle que nombre de transactions peuvent être annulées, même au dernier moment.
par Bertrand Fraysse

Tanger métamorphosé
Adieu, misère et romantisme, place aux investisseurs. La grande ville du Nord marocain se transforme en plate-forme industrielle.
De la petite plage chère aux baigneurs et aux surfeurs, il ne reste rien. A une quarantaine de kilomètres à l'est de Tanger, une armée de bétonneuses a transformé la côte sauvage en port géant. Inauguré l'été dernier, Tanger Med, construit en partie par Bouygues, plonge ses tentacules loin à l'intérieur des terres : ici, une autoroute flambant neuve, là, une voie de chemin de fer et une nationale en chantier, des viaducs... Avec lui, c'est tout le nord du Maroc qui renoue avec sa vocation géographique, celle d'un carrefour stratégique entre l'Afrique, l'Europe, l'Asie et l'Amérique.
Le ballet des immenses porte-conteneurs commence à peine. S'ils ne sont encore qu'une quarantaine par mois à accoster, leur nombre va aller crescendo : à plein régime, le port pourra atteindre les 3 millions d'EVP («équivalent vingt pieds», unité de mesure des conteneurs). Autant que le voisin espagnol d'Algésiras. Et ce n'est qu'un début, puisqu'un deuxième port, encore plus important, sera bientôt construit à côté. Le royaume pourra alors se vanter de posséder la plus grande installation portuaire d'Afrique.
Emplacement stratégique
Tanger Med servira avant tout pour le transbordement des marchandises, mais il représente aussi un atout logistique de taille. Son emplacement lui-même est symbolique. Il devait au départ se situer sur la côte atlantique avant de s'installer ici, à 14 kilomètres de l'Espagne. Et tant pis si cela doit engorger encore un peu plus la navigation en Méditerranée. Carie nord du pays, abandonné sous Hassan II à sa misère, au trafic de drogue, à la contrebande et aux pateras, ces embarcations qui emportent vers l'Europe - ou vers la mort - les candidats à l'exil, est la nouvelle priorité du Maroc de Mohammed VI. Sa vocation ? Devenir une plate-forme industrielle privilégiée pour le marché européen, l'Afrique du Nord et les Etats-Unis. On parle déjà de 150 000 emplois créés à l'horizon 2015...
Rien n'est trop beau pour attirer les investisseurs étrangers. On vante cette proximité géographique et culturelle avec l'Europe. Cette main-d'oeuvre jeune, francophone ou hispanophone, nombreuse et - surtout - peu chère : le salaire mensuel minimum marocain avoisine les 1 845 dirhams (environ 160 euros). Sans oublier des centaines d'hectares de zones franches qui devraient pousser tout autour du port avec leur cortège d'avantages fiscaux. Le Tanger d'aujourd'hui semble bien loin de la ville mythique qui, jusqu'à la fin des années 1950, attirait artistes et poètes de tous horizons. Son esprit subsiste encore au coeur de la vieille ville, sur la terrasse de l'hôtel Continental ou dans les vapeurs du Tangerinn, petite boîte de nuit historique où se mélangent artistes, jeunes branchés et vieux Européens en quête d'une nouvelle vie.
Zone franche dynamique
Mais sur les vestiges de la «Dream City» de Paul Bowles se bâtit désormais une autre cité, celle de l'automobile. Les noms de Matisse, Burroughs ou Kerouac ont cédé la place à ceux, bien moins romantiques, de Renault, Yazaki ou Delphi. Depuis l'annonce, en septembre 2007, de Carlos Ghosn, patron de Renault-Nissan, de l'installation dans la région de l'usine la plus compétitive de l'alliance, les sous-traitants automobiles se bousculent au portillon. On peut les comprendre : en 2010, près de 200 000 véhicules devraient sortir chaque année du Maroc. Le double par la suite.
«Les équipementiers les plus prestigieux sont en train d'arriver», confirme Jamal Mikou, directeur de Tanger Free Zone, la première zone franche de Tanger, ouverte en 1999 juste à côté de l'aéroport international. «Mais Renault n'en est encore qu'aux appels d'offres.» Pas question, donc, de livrer des noms. Sauf un : Yazaki. Le japonais, numéro un mondial des systèmes de distribution d'électricité et de composants électroniques pour l'automobile, a été le premier à signer avec l'alliance pour son projet marocain. Implanté depuis 2000 à Tanger, il emploie près de 3000 personnes et a doublé son chiffre d'affaires au Maroc l'an passé, atteignant 136 millions d'euros. «Yazaki réduit aujourd'hui son activité en Europe de l'Est, qui a perdu en compétitivité, indique El Mostafa Khaledi, représentant du groupe au Maroc. Et cela profite au royaume.»
Mais Tanger n'a pas attendu Renault pour se développer. Sa zone franche grossit à vue d'oeil depuis plusieurs années. Près d'une centaine de sociétés s'y sont implantées l'an passé, portant leur nombre à 352. Au total, les investissements s'y élèvent à près de 400 millions d'euros. Les Espagnols arrivent en tête, talonnés par les Français. Les secteurs d'activité sont aussi variés que l'électronique, la métallurgie, les services, le textile et même l'aéronautique. «Avec la baisse du dollar, nous étions de moins en moins compétitifs», confie Jacques Bodet, PDG de BMP, un groupe spécialisé dans la sous-traitance aéronautique. Il a alors prospecté en Asie, en Europe de l'Est avant de porter finalement son choix sur Tanger, qui «regroupe les avantages de coûts et de logistique», pour ouvrir sa filiale Atlas Productions. «Ce que nous produisons ici nous revient 20 à 30% moins cher qu'en Europe, ajoute-t-il. Cela nous a permis de conserver des marchés et de développer d'autres activités en France.»
Afflux démographique
Tanger change si vite que ses habitants eux-mêmes ne la reconnaissent plus. La plage a été nettoyée de ses baraques de fortune, les trottoirs ont été refaits et une station d'épuration toute neuve, oeuvre du français Veolia, va bientôt assurer le traitement des rejets liquides. En périphérie, les logements économiques poussent comme des champignons. De nouvelles villes vont émerger partout dans la région. Vastes cités-dortoirs destinées à recevoir cette main-d'oeuvre de plus en plus nombreuse à affluer des quatre coins du Maroc.
Rien à voir avec les immenses immeubles de standing qui se multiplient sur un bord de mer de plus en plus bétonné. Ici, la spéculation immobilière bat son plein et les prix explosent pour le plus grand malheur des Tangérois. Au pied des bâtiments en chantier, quelques ouvriers dorment sous des abris de fortune. Le train du développement économique a encore oublié beaucoup de passagers sur le quai...
Casablanca ne reste pas à la traîne
Si les nouvelles priorités se situent au nord, Casablanca n'est pas délaissée pour autant. Avec son «aéropole» regroupant près de cinquante sociétés aéronautiques, la capitale économique conserve une longueur d'avance dans ce secteur. Les plus grands noms se sont installés à côté de l'aéroport Mohammed-V. Safran, EADS et Sogerma ont attiré auprès d'eux des dizaines de sous-traitants. La ville blanche s'est aussi dotée de son «Casanearshore». Après des mois de retard et une communication catastrophique, le dispositif des autorités marocaines pour développer les centres d'appels, l'offshore informatique et l'externalisation de services à Casablanca a fini par accueillir ses premiers locataires : HPS, BNP Paribas et l'indien Tata Consulting. D'autres devraient suivre, parmi lesquels GFI, Atos Origin, Capgemini... A terme, les autorités marocaines promettent 100 000 mètres carrés de bureaux en 2010. L'aéronautique et l'offshoring font partie des secteurs identifiés par le plan Emergence, qui fixe les grandes lignes du développement économique du royaume. Mais dans certains domaines, la main d'oeuvre se raréfie. Les bons profils se font rares, le turnover est de plus en plus important et l'inflation des salaires n'est plus une fiction. Formation, fiscalité, climat des affaires... Autant de réformes que le pays va devoir rapidement mettre en place s'il tient à rester compétitif et sortir de la simple sous-traitance.
par Julien Félix

Source: http://maroclarevuedepresse.blogspot.com 

 
   
 
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