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« Evaluation des encours/ Work in Progress valuation »
Approche comparative entre Plan Comptable Général Marocain et normes IASB.
Les entreprises qui ont un process de production en flux discontinus et rallongés (qui dépasse le cadre de l’exercice) doivent faire face à ce que l’on appelle, communément en jargon comptable, des « stocks de produits en cours de finition » ou encours de production.
C’est ainsi le cas pour les entreprises de chantiers (construction immobilière, navale….) ou les entreprises prestataires de services (éditeurs de logiciels…) dont les produits d’exploitation sont valorisés au fur et à mesure des consommations de charges et de la création de la valeur ajoutée proprement dite.
L’évaluation et le traitement comptable de ces encours de produits qui ne peuvent être encore facturés (ou partiellement) mais qui ont pourtant généré des charges, est d’une grande importance.
Dans les pays anglo-saxons où l’Operating Revenue (le Résultat Opérationnel) et l’EBIT (Earnings Before Interest and Taxes, en quelque sorte l’Excèdent Brut d’exploitation) sont des éléments de base de l’analyse de rentabilité très pointilleuse menée par les agences de rating, la valorisation des encours de production est strictement définie. L’OR qui est composé du Billings (Facturations) et du WIP (« Work in Progress » ou encours de produits), est un indicateur important d’évaluation de l’activité. La tentation est grande de survaloriser les produits non facturés (voire les déconvenues comptables de certains éditeurs de progiciels de gestion renommés…).
Les normes IAS (IAS11 Construction Contracts) encadrent et définissent clairement l’évaluation des encours de produits. Sans rentrer dans le détail du traitement comptable spécifique, il est intéressant de voir quelles sont les méthodes d’évaluation des encours.
Si l’on regarde le nouveau Plan Comptable Marocain, celui-ci offre l’opportunité aux sociétés de prendre en compte un bénéfice selon l’avancement des travaux lors de l’exécution des travaux à long terme (sous des conditions très strictes). En cela, la méthode n’est pas très éloignée d’une des deux méthodes préconisées par l’IAS : « the percentage-of-completion method » ou méthode d’avancement des travaux basée sur un pourcentage de réalisation des coûts de production par rapport à une estimation de ces mêmes coûts de production.
Cette méthode est relativement prudente dans la mesure où elle compare les coûts de production estimés et réalisés (material costs, shipping, engineering, special costs, installation/ subcontracting relevant de la main d’œuvre minorés d’un pourcentage égal généralement à 5%) et qu’elle sélectionne dans la base servant au numérateur du pourcentage de réalisation les montants les plus faibles entre estimations et réalisations.
Le pourcentage de réalisation qui ressort de cette comparaison entre les estimations et les réalisation de coûts de production est alors appliqué à la facturation globale du contrat pour déterminer au final le Work in Progress, c’est à dire l’encours de production à comptabiliser.
Les pertes futures ou présentes éventuelles sont comme dans la méthode marocaine et par principe de prudence provisionnées pour leur totalité (losses job provisions).
Si les bénéfices ne peuvent être estimés de manière fiable, une autre méthode préconise l’enregistrement des coûts couverts par des produits réalisés (situations de factures provisoires et d’acomptes couvrant les coûts). C’est le « cost recovery method » qui consiste à reconnaître et enregistrer les charges constituant des encours et les produits d’un contrat à long terme dans la mesure où les coûts sont couverts.
Les exigences IAS en matière d’informations, en fin d’exercice, sont nombreuses :
- Montant des produits contractuels réalisés
- Méthode de détermination de ces produits (encours de produits)
- Méthode de calcul du pourcentage de réalisation clairement établie
- Pour les contrats en cours : coûts, acomptes, retenues de garanties éventuelles…
- Situation créditrice/ débitrice vis-à-vis du client
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