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Bâle II: Comment les banques marocaines se préparent Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
· Un projet structurant pour l’ensemble du secteur

· Mise à niveau des systèmes d’information, des reportings…

«Pour nous, Bâle II est une heureuse obligation qui nous permettra de mettre nos structures au diapason des meilleures pratiques », indique d’emblée Saïd Lefouili, directeur général, nouvellement chargé du pôle gestion globale des risques à la Banque centrale populaire.
Ce chantier va bon train chez l’ensemble des institutions de la place qu’elles soient maroco-marocaines ou filiales de groupes français. Initiée depuis plusieurs mois, voire plusieurs années, sa finalisation devrait respecter le calendrier de Bank Al-Maghrib. Celui-ci fixe l’adhésion aux normes de Bâle II pour le début de l’année prochaine. L’adoption des règles avancées est programmée pour 2008-2009 (cf. www.leconomiste.com). Plus qu’une mise en conformité avec les normes bancaires internationales, l’adoption des recommandations de Bâle II est un chantier structurant de premier ordre pour les banques marocaines. Elles auront tout à gagner en appliquant les règles de quantification des risques et de rating de la clientèle (cf. www.leconomiste.com).
L’ampleur du chantier Bâle II n’est bien entendu pas la même selon qu’il s’agisse des banques à capitaux marocains ou des filiales des groupes français. Les premières sont tenues de concevoir l’intégralité des mesures exigées (cartographie des risques, modèle des ratings des clients, conformité aux ratios de structure…) Un travail laborieux certes mais qui leur a permis de développer une expertise propre à leurs organisations et au contexte marocain.
Les filiales des groupes français sont mieux loties. Elles bénéficient de l’assistance de leurs sociétés-mères pour adopter les règles du groupe à l’international aux conditions du pays. Dans la plupart des cas, il leur suffit de calquer le système élaboré par le groupe en tenant compte de la réglementation de Bank Al-Maghrib.
C’est le cas de la BMCI, filiale du groupe BNP Paribas, qui a été sélectionnée en tant que site-pilote dans le cadre des travaux menés par sa société mère pour basculer vers les nouvelles normes. Ce chantier dure depuis plus d’une année et porte sur plusieurs actions structurelles. Il s’agit d’abord de mettre à niveau le système d’information et de fiabiliser les données relatives aux risques, saisies dans les bases de données de la banque. Pour bien gérer le risque crédit, la filiale marocaine a conçu un nouveau système de reporting à BNP Paribas. Les responsables de la banque ont aussi élaboré des structures de procédures pour le suivi des risques opérationnels et de marché. Le respect de ces procédures est soumis à une certification qualité trimestrielle. Le volet technique de ces réformes est bien ficelé. Le système d’information de BMCI étant déjà adapté aux normes Bâle II. Compte tenu de l’état d‘avancement de ces chantiers, le management de la banque est assuré de respecter le calendrier arrêté par la banque centrale.
Pour sa part, le Groupe Banques populaires (GBP) devait compter sur ses propres moyens pour assurer un basculement serein vers les normes Bâle II. «La banque a lancé dès 2005 les chantiers de mise en conformité en vue de construire à terme un dispositif de gestion globale et intégrée de l’ensemble des risques», souligne Mohamed Karim Mounir, DGA du pôle gestion globale des risques au sein du groupe. Les choix méthodologiques et organisationnels relatifs au chantier ont été arrêtés dans une étude de cadrage élaborée conjointement avec un cabinet spécialisé. Cette étude a débouché sur la création d’un pôle gestion globale des risques dédiés, notamment, à l’adoption des normes Bâle II. Parallèlement au renforcement des dispositifs existants de gestion de risques de crédit et de marché, et à la préparation des reportings demandés par Bank Al-Maghrib, la nouvelle entité s’est attelée, en premier lieu, à l’élaboration de la cartographie des risques opérationnels. «Depuis le début de l’année, nous avons analysé les process des opérations bancaires pour formaliser les contrôles et apprécier les risques qui leurs seront imputés. L’objectif étant d’aboutir d’ici à décembre prochain à une synthèse des règles à respecter et des failles liées à l’intégralité des opérations. L’analyse et la détection de ces failles permettra de perfectionner continuellement le système», explique Mounir. L’action du nouveau pôle est aussi centrée sur l’élaboration d’un modèle de rating des clients. Ce système qui se base sur des éléments quantitatifs et qualitatifs quantifiés est aussi programmé pour la fin de l’année.
Le groupe est aussi dans la phase de perfectionnement son système d’information sur lequel repose une bonne partie des dispositifs en construction. Pour le groupe BMCE, le projet Bâle II englobe, outre la banque, l’ensemble des filiales nationales et internationales.La phase de cadrage et de conception du projet est achevée à hauteur de 96% pour le risque crédit et de 98% pour le risque marché. Quant au risque opérationnel, il fait l’objet d’une cartographie des risques en cours de mise en place. Toutefois, le groupe sera légèrement en retard par rapport au calendrier de Bank Al-Maghrib. Il entend implémenter les méthodes standard en juin 2007, alors que la banque centrale a programmé ce basculement pour le début de l’année. Les normes avancées seront adoptées d’ici à 2008-2009. Le président d’Attijariwafa bank a aussi déclaré, lors de la présentation des résultats semestriels, que le groupe respecterait les délais fixés par la banque centrale. Mais les responsables du projet n’ont pas fourni de détails quant à l’avancement des mesures initiées.
Une fois finalisées, les banques n’appliqueront pas directement leurs mesures de risques établis dans le cadre de Bâle II. La banque centrale doit d’abord donner son aval concernant les résultats des chantiers menées après les avoirs passés au crible. Les banques ont donc intérêt à faire vite pour être examinées en premier. Les pionniers auront plus de liberté pour discuter leurs conditions avec Bank Al-Maghrib.
http://www.leconomiste.com/
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