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Les entreprises marocaines ont besoin de connaître, d'analyser et de maîtriser le processus de formation de son résultat .
A cette fin, et dans le but de mettre entre les mains des décideurs des outils d'analyse, la loi comptable a prévu :
- à titre obligatoire pour les entreprises dont le chiffre d'affaires dépasse 7,5 millions de dirhams, l'établissement d'un état des soldes de gestion..
- à titre facultatif, un mode d'analyse des résultats basé sur un système de comptabilité analytique, adaptable aux besoins et à la taille des entreprises .
Le système de «Comptabilité analytique» comprend un ensemble de comptes destinés à l'analyse des charges et des produits enregistrés en comptabilité générale, ainsi que d'autres données extra-comptables.
Selon le CGNC, l'objet de ce système d'analyse est :
d'une part : - connaître les coûts et les résultats des différentes fonctions de l'entreprise, - permettre d'évaluer certains éléments du bilan de l'entreprise, - et d'analyser les résultats, après calcul des coûts des biens et services et leur comparaison aux prix de ventes. d'autre part :
- établir des prévisions de charges et de produits (coûts préétablis et budgets); - et en constater la réalisation et expliquer les écarts qui en résultent (contrôle des coûts et des budgets).
Pour atteindre ces objectifs le système de comptabilité analytique d'une entreprise doit être adapté exactement à sa structure organisationnelle et aux activités d'exploitation particulières qu'elle exerce.
Il s'ensuit que si les dispositions de la comptabilité analytique intéressent les entreprises autant que celles de la comptabilité générale, leur présentation est différente :
- celles de la comptabilité générale sont totalement normalisées ;
- celles de la comptabilité analytique sont constituées par une gamme de solutions possibles, entre lesquelles l'entreprise opère des choix et des combinaisons, en fonction de ses particularités et du niveau de développement de son organisation interne.
Pour faciliter ces choix, l'éventail des solutions est présenté par le CGNC dans un cadre général, adaptable à toutes les entreprises quelque soit leur dimension, leur dispersion géographique, leur structure organique ou leur branche professionnelle.
Ce cadre général est donc un système ouvert à partir duquel peut être établi un plan de comptabilité analytique, en retenant les solutions les plus adéquates pour répondre aux besoins d'information exprimés par les responsables de l'entreprise.
Le cadre comptable proposé par le CGNC se présente sous la nomenclature suivante :
90. COMPTES DE PRODUITS ET CHARGES REFLECHIS 91. COMPTES DE RECLASSEMENT ET D'ANALYSE 92. SECTIONS ANALYTIQUES 93. COUTS D'ACHAT OU DE PRODUCTION 94. INVENTAIRE PERMANENT DES STOCKS 95. COUTS DE REVIENT 96. ECARTS SUR COUTS PREETABLIS 97. DIFFERENCES D'INCORPORATION 98. RESULTATS ANALYTIQUES 99. COMPTES DE LIAISONS INTERNES
Alors comment fonctionne ces comptes:
90.Comptes de produits et charges réfléchis :
Ces comptes sont utilisés pour assurer le contrôle de concordance entre la comptabilité analytique et la comptabilité générale lorsque celles-ci sont tenues de façon autonome.
91. Comptes de reclassement et d'analyse :
Ces comptes sont destinés à reclasser des charges et produits d'exploitation dans un ordre différent de celui préconisé par la comptabilité générale, soit pour obtenir des valeurs significatives de la gestion de l'entreprise, soit pour préparer l'analyse ultérieure des comptes .
92. Sections analytiques :
Ces comptes permettent de découper l'entreprise en un certain nombre de divisions comptables correspondant généralement à son organigramme de structure. Chaque grande division représente normalement un centre de responsabilité qui peut être lui même divisé en centres de travail, à leur tour scindés en plusieurs sous-ensembles ou sous-fonctions, et ce en vue de rendre certains calculs plus aisés et plus performants . Les comptes 92 sont d'abord débités par le crédit des comptes 90, correspondants ou des comptes 91. Ensuite, ils sont crédités par imputation sur les comptes 93 et 95.
93. Coût d'achat ou de production :
Ces comptes permettent aux entreprises de production ou de transformation de calculer le coût des produits à leurs diverses phases d'élaboration, y compris lors de leur entrée en magasin. Les comptes 93 sont débités par : A cet effet, les comptes d'inventaire permanent sont :
- débités des différences positives par le crédit du compte 976 "Différences d'inventaire",
- crédités des différences négatives par le débit du compte 976.
95. Coût de revient
Ces comptes permettent, à toutes les entreprises, de déterminer le coût des produits à leur stade final, en prenant également en ligne de compte le coût de distribution .
96. Ecarts sur coûts préétablis
Dans le cas d'utilisation de la méthode de comptabilisation dite "à coûts préétablis", ces comptes enregistrent les écarts entre les données comptables ou constatées postérieurement en comptabilité analytique et les données préétablies.
Le coût préétabli est le coût évalué, à priori, soit pour faciliter certains traitements analytiques, soit pour permettre le contrôle de gestion à travers l'analyse des écarts.
L'enregistrement comptable peut se faire de deux manières ; à savoir:
a) le compte d'écart (96) et ses subdivisions enregistrent à leur débit ou à leur crédit, la seule différence entre charges ou coûts réels et charges ou coûts préétablis ;
b) le compte d'écart (96) enregistre :
* au débit, les éléments réels * au crédit, les éléments préétablis
et son solde met en évidence l'écart ainsi recherché.
97. Différences d'incorporation
Dans ces comptes sont portées les différences d'incorporation correspondant à l'écart constaté entre :
- d'une part, les charges figurant en comptabilité générale (classe 6) et les charges incorporées aux coûts en comptabilité analytique ; et ,
- d'autre part, les produits figurant en comptabilité générale (classe 7) et les produits d'exploitation retenus par la comptabilité analytique.
98. Résultats analytiques
Le compte principal 98 "Résultat analytique" sert à regrouper les différents résultats observés et ventilés du compte 981 à 987, et ce, selon les besoins de l'entreprise.
Ainsi, le solde de ce compte laisse apparaître un résultat (bénéfice ou perte). Sous réserve des différences d'incorporation, il doit correspondre à celui dégagé par la comptabilité générale .
Les comptes 98 sont débités par le crédit des comptes 95. Les comptes 98 sont crédités par le débit des comptes 90. 99. Comptes de liaisons internes :
Ces comptes sont utilisés en vue de permettre l'établissement des liaisons nécessaires entre les comptabilités analytiques autonomes d'établissements distincts d'une même entreprise et son propre système de comptabilité générale, et ce, dans l'objectif de fournir une vue unique et globale de ses opérations.
Redaction Babfinance |