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Le Capital investissement Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Cet article vise à dresser un rapide panorama sur l’activité de capital investissement ou de « private equity ». Cette présentation n’a aucune prétention d’exhaustivité mais s’attachera plutôt à dessiner les grands traits caractéristiques d’un mode de financement en vogue tant au Maroc qu’à l’étranger.

I. Qu’est ce que le capital investissement ?


L’activité de capital investissement et celle de capital risque sont trop peu souvent dissociées .Cette confusion provient de la traduction un peu hâtive de l’anglais « venture capital ».
Le capital investissement est une dénomination assez large englobant plusieurs activités dont le capital risque fait partie : le terme « capital investissement » recouvre le financement en capital de l’entreprise à différents stades de son existence. Ainsi les firmes de « private equity » interviennent à toutes les étapes de la vie d’une entreprise.

Le seed capital
L’investisseur entre dans le capital de l ‘entreprise pendant la phase préparatoire du business plan et la définition du produit. Cet investissement va permettre à l’entrepreneur d’avoir les fonds nécessaires pour couvrir les frais qu’il devra engager pendant cette période. Les sommes qui entrent en jeu restent limitées. Les investisseurs sont le plus souvent des « business angels » ou encore des personnes appartenant à l’entourage des créateurs (c’est le « Love Saving » ou épargne affective, de proximité).

Le capital risque
Une fois que le projet d’entreprise est bien ficelé et que l’équipe de fondateurs est au complet, arrive le moment de la levée de fonds. Les créateurs vont alors rencontrer les capital investisseurs pour leur demander de participer à « leur tour de table » et trouver ainsi les fonds nécessaires pour le démarrage de leur projet. Le capital risque, destiné au financement de l’innovation, est principalement concentré sur les start-up et les entreprises dites de la « nouvelle économie ». Il a connu un essor fulgurant au moment de la bulle Internet, et actuellement c’est l’activité qui souffre le plus de la situation économique toujours pâlissante en raison de son caractère hautement risqué et aléatoire. Au Maroc, les sociétés de gestion des fonds de capital investissement ne considèrent pas le capital risque comme leur cheval de bataille mais interviennent plutôt à d’autres moments de la vie de l’entreprise.

Le capital développement
L’investisseur va financer des entreprises qui existent déjà depuis quelques années. Le capital investi a pour objectif de renforcer la part des fonds propres de la PME et de lui permettre de mettre en place des projets de croissance ambitieux. Cela se traduit le plus souvent par une augmentation de capital.

Le capital transmission
L’investisseur intervient à une phase où l’entreprise est arrivée à sa vitesse de croisière. Le capital transmission correspond à la cession par les actionnaires (souvent les créateurs) de leurs parts dans l’entreprise.
Plusieurs montages financiers à effet de levier sont alors envisageables :
Le LBO – ou leverage buy out – est le rachat des actions d’une entreprise financé par une très large part d’endettement. Concrètement, une Holding est créée, qui s’endette pour acheter la cible. La Holding paiera les intérêts de la dette et remboursera celle-ci grâce aux dividendes provenant de la société rachetée. Les entreprises issues d’un LBO ont ainsi une forte culture de « cash-flow ».
Lorsque les dirigeants participent au rachat, on parle de MBO – management buy out -.

« Le Turnaround »
Littéralement, c’est le retournement – ou reprise d’entreprises en difficulté (mais non en défaillance). Dans ce cas, la reprise de la société par le fonds se réalise le plus souvent sous forme de MBO (Management buy out) ou MBI (Management buy in). Dans le premier cas, le fonds s’associe avec les dirigeants actuels pour créer une Holding qui va racheter l’entreprise cible. Dans le second, le Fonds s’occupe aussi de constituer une équipe de dirigeants pour reprendre la société cible. Souvent, ces opérations sont financées par effet de levier, en injectant une part importante de dette dans la holding de reprise.

Source: Capital Invest


II. Le capital investissement au Maroc


L’activité de capital investissement n’en est qu’à ses débuts au Maroc. La première société de gestion de Fonds d’investissement (MOUSSAHAMA) a été créée en 1993 par différents intervenants du monde financier dont La Banque Populaire. Depuis 1999, les sociétés de capital investissement se sont multipliées et on en dénombre aujourd’hui une quinzaine. Ces professionnels se sont réunies en 2000 autour d’une association : L’AMIC (association marocaine des capital risqueurs). Parmi les principaux intervenants du secteur, on peut citer MOUSSAHAMA, CFG GROUP CAPITAL, UPLINE SECURITIES et CAPITAL INVEST (groupe BMCE BANK). A noter que la majorité de ces fonds, investissent essentiellement dans des sociétés existantes déjà et voulant se développer. Ils ont donc principalement des activités de capital développement, l’activité de capital risque restant vraiment marginale. Pour l’investisseur, le fait que la société ait déjà un historique lui permet de se faire une meilleure idée de son potentiel de développement et ainsi d’avoir une meilleure visibilité sur son TRI (Taux de rentabilité interne), critère utilisé pour déterminer la faisabilité d’un projet - .

Il a été dit et répété que le développement économique des pays émergents passait par le développement des PME/PMI. Au Maroc, les PME/PMI sont souvent des entreprises familiales, introverties, sous capitalisées et très peu transparentes.

Aujourd'hui, avec les différents défis auxquels elle doit faire face aussi bien au niveau national qu'international (la nouvelle loi bancaire, la nouvelle loi fiscale, le démantèlement douanier...), la PME marocaine doit se mettre à niveau. Pour le financement, sa création ou son développement, le capital investissement qui n'a ni la vocation ni la prétention d'offrir un produit de substitution au financement classique vient en tant que complément de l'activité bancaire classique. C'est un produit complémentaire qui permet de disposer de structures bilancielles plus équilibrées afin de rendre éventuellement les projets bancables.

Mais le rôle du capital investissement n'est pas seulement d'apporter des fonds…
En effet, l'argent du capital investissement est ce qu'on appelle de «l'argent plus». La vraie valeur ajoutée du capital investisseur est le fait qu'il soit un actionnaire actif et qu'il soit très souvent dans les instances de décision des sociétés dans lesquelles il participe. Le capital investisseur est presque toujours membre d'un Conseil d'Administration ou d'un directoire -Capital Invest (Structure de capital risque de la BMCE BANK) se définit ainsi comme « l’actionnaire utile ». Il peut apporter beaucoup en tant que conseiller, ou en termes de synergies. Par rapport au manager ou à l'actionnaire classique, il a l'avantage, tout en restant à l'écoute, d'être en dehors de la gestion quotidienne des affaires. Pour toutes ces raisons , L’activité de capital investissement est amenée à connaître un développement certain pour devenir un vecteur essentiel de la croissance du Maroc de demain …

Le développement de l’activité de capital investissement au Maroc est conditionné par différents facteurs :
- La mise en place d’un cadre juridique clair et efficace qui définisse le rôle des sociétés de capital investissement et les droits des actionnaires
- La mise en place d’un second marché visant à encourager les sociétés de taille moyenne – facilitant ainsi la sortie des bailleurs de fonds ( l’introduction en bourse étant la voie de sortie royale ) –
- L’amélioration de la capacité de canalisation des projets d’entreprise . Ce rôle devant être rempli par les chambres de commerce. L’orientation des créateurs vers les capital risqueurs permettra d’assurer le « deal-flow » nécessaire pour le développement de leur activité.
– La simplification des démarches administratives nécessaires à la création d’une entreprise et la mise en place de structures encourageant l’esprit d’initiative chez les jeunes marocains ( par exemple des incubateurs au sein des grandes écoles ou des jeux concours récompensant les meilleurs business plans …)


III. Comment les capital investisseurs choisissent-ils d’investir dans une société plutôt qu’une autre : Les critères d’investissement


Bien entendu, il n’y a pas de recette miracle amenant un fonds à investir dans telle ou telle société. Cependant, il est possible de mettre en valeur certains enjeux qui commandent la décision d’investissement, comme notamment le rendement de cet investissement, l’horizon et les perspectives de sorties, la structure managériale et de l’actionnariat de la société cible.

Vu le risque couru, les fonds d’investissement investissent principalement dans des entreprises performantes sur la base d’un business plan délivrant un TRI cible d’environ 25%.

Un autre élément clef dans le processus de décision du fonds est son horizon de sortie. Il ne faut pas perdre en vue que la société cible constitue pour lui un placement à échéance et qu’il faut ainsi optimiser les conditions de sortie. La sortie idéale est sans aucun doute l’introduction en bourse, mais il existe d’autres voies (reprise par un grand groupe, par les actionnaires d’origine eux-mêmes …)

La structure managériale est un point essentiel à examiner avant tout investissement . Il ne faut pas oublier que l’investissement porte avant tout sur des hommes, sur leur capacité à innover, à drainer des idées, et à les mettre place. De plus, un fonds ne choisira jamais d’investir dans une société dont l’actionnariat est totalement émietté – i.e où aucun actionnaire majoritaire ne se dégage - : il faut en effet qu’il y ait un « commandant de navire » dont on doit être sûr qu’il va s’investir totalement dans le projet.

Othmane Mikou

http://www.observatoiredelafranchise.ma/

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