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A l'heure où les annonces d'OPA transfrontalières gigantesques se multiplient quel pourait être le rôle de la bourse de Casablanca dans ce marché planétaire où la notion de sociétés de pays émergents n'est plus un handicap face aux entreprises européennes.

En effet, durant ces dernières années les acquisitions de grandes entreprises européennes et américaines par des acteurs venus de pays émergents se sont multipliées, à l'image par exemple du rachat d'Arcelor par Mittal emblématique de la nouvelle puissance financière de ses firmes d'Asie et du Moyen Orient.
L'amérique du Sud connait également ce nouveau phénomène à travers des pays en pleine expansion tels que le Brésil, l'Argentine ou encore le Chili. Même la Russie, pays pourtant fidèle durant des années à l'idéologie communiste c'est reconverti au capitalisme et part à l'assaut de l'Europe aidé dans cette aventure par des cours du pétrole extrêment avantageux. Seul l'Afrique semble pour le moment resté à l'écart de ce mouvement, ne bénéficiant pas ou peu de systèmes financiers à même d'accompager les champions nationaux hors de leur frontière, seul pour le moment l'Afrique du Sud fait figure d'exception. Mais il ne s'agit pas d'une fatalité et le Maroc semble en bonne position en Afrique pour à son tour partir à l'aventure des marchés étrangers. Les entreprises marocaines se sont déjà tournées dans un premier temps vers les pays limitrophe du Maghreb et d'Afrique de l'Ouest à l'image des banques marocaines en Tunisie et au Sénégal avec les rachats de la Banque du Sud, Attijari wafa Bank Sénégal, Bank of Africa, de Maroc Télécom dans les télécoms avec Mauritel en Mauritanie, Gabon Télécom au Gabon et Onatel au Bukina Faso ou encore de l'agroalimentaire avec Lessieur Maroc en Tunisie avec Cristal Tunisie. Mais ces acquisitions restent encore fortement mesurées et concentrées dans quelques pays et quelques secteurs en Afrique, la taille modeste des cibles ne nécessite pas de lever des capitaux excessifs sur le marché financier marocain, seul Attijariwafa Bank a dernièrement lancé un emprunt de 2 milliards de dirhams en 2 tranches de 1 milliard de dette subordonné pour le renforcement de ses fonds propres. Cette prudence s'apparente à une frilosité des sociétés cotées marocaines à l'égard de grandes acquisitions sur des marchés étrangers de peur de voir la compositon de leur capital modifiée en profondeur avec une plus grosse part du flottant et devenir ainsi à leur tour la proie d'OPA. Mais il s'agit d'une erreur de raisonnement à court terme, les marchés financiers deviennent de plus en plus globalisé et dans cette compétition mondiale le meilleur moyen de rester indépendant c'est encore de grandir , la meilleure défense étant l'attaque il faudrait au contraire profité de la liquidité de la place de Casablanca pour lever des capitaux et se développer par croissance externe ou organique à la fois sur les marchés africains et moyen orientaux mais également en Europe. Des entreprises comme Maroc Télécom ont la taille suffisante et les moyens de faire à la fois des acquisitions en Afrique, développer le concept de Mobisud partout en Europe et pourquoi pas racheter des opérateurs internets tels que Club Internet en france. De même le groupe Addoha fort de sa capitalisation de 39 milliards de dirhams pourrait lancer une OPE ou OPA sur des entreprises du batiment en Europe à l'image d'un Nexity (2.2 milliards d'euros) ou encore un Pierre et Vacances (942 millions d'euros) ou Club Med (929 milions d'euros) en agissant de concert avec la Caisse de Dépots et Gestion qui dispose déjà de 10% du capital. Cet expansionnisme permettrait de résoudre le problème des liquidités abondantes sur la bourse de Casablanca, développerait les activités de marché au Maroc, renforcerait le poid de Casablanca au sein des places émergentes et surtout créerait des emplois au Maroc et arrimerait l'economie marocaine au marché mondial. |