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Elle achètera la marque Voltolina et la société commerciale Classic Light, de Venise.

Cristalstrass espère faire son entrée à la Bourse de Casablanca, d’ici à 2009. C’est l’objectif que se sont fixés les Voltolina, propriétaires de l’usine et de plusieurs autres sociétés qui œuvrent dans la verrerie, en Italie et en Roumanie. Il y a quelques semaines, Cristalstrass scindait son activité en deux, en créant Artistic Glass (www.leconomiste.com). Sur les 700 employés de l’usine de Settat, les 90 qui travaillaient dans la bijouterie ont été récupérés par la nouvelle société. Celle-ci est aujourd’hui exclusivement dédiée à la fabrication de bijoux de verre, qu’elle vend ensuite à Antica Murrina. Cette dernière appartient aussi aux Voltolina et est établie à Venise. Son chiffre d’affaires est évalué à 18 millions d’euros, soit 201,67 millions de DH. Cristalstrass, de son côté, ne s’occupe donc plus que de la fabrication des lustres, mais continue d’héberger l’activité bijoux en attendant que les nouveaux locaux soient prêts. La création d’Artistic Glass a nécessité un investissement de 15 millions de DH, dont 10 millions iront à la construction de l’usine à Settat.
L’objectif poursuivi par la famille est de permettre à Antica Murrina d’acheter Artistic Glass, et son équivalent Millefiori, basé en Roumanie. Millefiori est donc une autre fabrique de bijoux de verre qui appartient aux Voltolina. «Antica Murrina est trop petite pour pouvoir acheter Cristalstrass, qui emploie 700 personnes. C’est pourquoi nous avons créé Artistic Glass», explique le PDG de Cristalstrass, Francesco Voltolina.
Une fois l’activité bijouterie complètement intégrée, la société vénitienne pourra faire son entrée en Bourse, en Italie. «L’intégration est une condition sine qua non au recrutement d’Antica Murrina à la Bourse italienne». En effet, sans cette intégration, les Voltolina auraient joué le double rôle de client et de fournisseur. «C’est un conflit d’intérêt qu’on ne peut permettre en Bourse», explique-t-il. Les Voltolina ont également beaucoup d’ambition pour Cristalstrass. D’ici à 2009, l’entreprise de Settat achètera la marque Voltolina Lighting (Maroc) et son homologue italien Classic Light. L’entreprise, qui sera alors cotée à Casablanca, aura donc son antenne en Italie.
Pour commencer, la «familia» a décidé de refaire une beauté à ses boutiques Voltolina Lighting (ex-Cristalstrass). «Avant la fin du mois, nos points de vente de Casablanca, Rabat, Agadir et Settat auront un nouveau look», promet le PDG. Deux campagnes de publicité devront suivre d’ici au mois de novembre. Les Voltolina souhaitent ouvrir deux autres magasins, et proposer leur enseigne en franchise. Les villes pressenties pour le développement du réseau sont Tanger, Laâyoune, Nador, Marrakech, Oujda et Essaouira.
Cristalstrass s’est s’installée à Settat en 1983. L’usine de fabrication artisanale avait connu quelques difficultés à la fin des années 1990, mais elle a aujourd’hui redressé sa situation. «En octobre 2000, nos dettes s’élevaient à 84 millions de dirhams. Aujourd’hui, nous sommes à moins de trente millions», affirme fièrement Voltolina. Selon le PDG, le chiffre d’affaires, qui se situe autour de 153 millions de DH, augmente environ de 10% l’an.
La technique de fabrication de verre de Cristalstrass puise ses origines au XIIIe siècle. À l’époque, un décret du Sénat de Venise avait obligé tous les souffleurs de verre à déménager leurs fours sur l’île de Murano, car ils avaient provoqué de nombreux incendies. Le verre soufflé est toujours une spécialité de la région. La technique exige un savoir-faire unique: il faut environ six mois pour un ouvrier avant de pouvoir travailler le verre. «Les Marocains n’arrivent peut-être pas toujours à l’heure, soutient Voltolina, mais une chose est certaine: ce sont des artisans exceptionnels».
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Du cristal à l’emballage
Il faut dire que les Voltolina en savent long sur le principe d’intégration. Depuis son installation sur le sol marocain, Cristalstrass s’est trouvée obligée de se débrouiller seule. «Au départ, nous ne pouvions compter sur personne. Nous avons décidé de tout fabriquer nous-mêmes. Nous fabriquons les emballages… et les moules qui vont avec!», raconte Francesco Voltolina, PDG. «Aujourd’hui par contre, le Maroc a beaucoup évolué, et nous sommes à la recherche de partenaires pour ce genre de travail».
Source:L'Economiste
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