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Un moyen de réguler les cours Le CDVM à l'affût des tentatives de soutien Le rachat d'actions tend à se banaliser au Maroc
Rien que pour les deux derniers mois, pas moins de 11 sociétés cotées, dont Addoha, BMCE, BMCI ou Maroc Telecom ont suivi cette tendance. Le programme de rachat s'échelonne sur 12 mois, voire plus. En effet, la pratique permet à l'émetteur d'agir à contre-tendance. La spéculation et la rumeur étant courantes sur le marché boursier, cela peut affecter positivement ou négativement la valorisation d'un titre. Si, par exemple, une action est à la baisse suite à ces spéculations, les émetteurs, en devenant acteurs du marché, contribuent à rectifier le tir. Outre la régulation du marché, le rachat d'actions permet à l'émetteur de mieux connaître la géographie de son capital, ainsi que d'avoir un stock d'actions qu'il peut placer auprès d'institutionnels. Par ailleurs, la pratique permet l'auto-contrôle de la société cotée. Les impacts du rachat d'action sur le titre émis sont multiples. En premier lieu, une entreprise rachetant ses actions envoie une sorte de signal, sous-entendant que son titre est sous-évalué. Cette information est perçue comme étant crédible, d'autant plus que le rachat limite la trésorerie de l'entreprise et sa capacité d'endettement. Elle ne se mettrait donc pas à racheter ses propres actions si sa situation devait se dégrader à court terme. En outre, le rachat s'accompagne d'un effet dit effet d'agence: l'argent rendu aux actionnaires par le biais du rachat ne serait plus placé dans des investissements hasardeux. Quant aux dividendes des actionnaires, ils ne sont pas affectés par le programme. Cette pratique n'a-t-elle que des avantages? «La tentation qu'une société cotée vienne en soutien à son titre est bien présente», souligne un analyste. «Mais une telle possibilité reste difficile à réaliser, tant le CDVM suit de façon rigoureuse l'application du programme de rachat d'actions», ajoute-t-il. Par ailleurs, une entreprise risque d'altérer sa situation financière en rachetant ses propres titres. Ceci est d'autant plus vrai lorsque les fonds employés sont trop importants. Ce qui diminue la rémunération directe des actionnaires.
Ceux qui ont racheté récemment Durant le mois de mai, Addoha a racheté 14.548 actions, pour un cours moyen pondéré à l'achat de 2.122, 87 DH. BMCE, pour sa part, a racheté 200.211 actions. Afriquia Gaz est la dernière société cotée à acquérir ses propres titres en mai, de l'ordre de 8.279 actions. Quant à la CDM et à BMCI, aucun rachat n'a eu lieu, leurs programmes se terminant respectivement le 10 et le 6 mai dernier. Pour le mois d'avril, la CGI a récupéré 49.302 actions, tandis que Distrisoft et Sotherma ont racheté respectivement 1.567 et 462 titres. Maroc Telecom et la SNEP se sont abstenues de toute récupération.
Source: Leconomiste.com |