Le CDVM relève que l'analyse des programmes de rachat ne fait apparaître aucune anomalie...
Chaque année, des sociétés cotées, bien que peu nombreuses, interviennent sur le marché boursier afin de racheter leurs propres actions. Leur objectif étant souvent de régulariser leurs cours en Bourse par l'achat et la vente des titres en fonction des opportunités offertes. Un comportement qui marque, notamment les marchés dont les investisseurs institutionnels ne sont pas des régulateurs structurels ou lorsque les mécanismes d'alimentation permanente des marchés ne sont pas encore mis en place (plan d'épargne action, retraite par capitalisation…).
A cet égard, BMCE demeure la société la plus active en termes de transactions effectuées sur son titre. Elle intervient, plusieurs fois par an, pour le réajustement de son cours. D'autres valeurs sont également sur la liste. Rien qu'en 2006, SOTHEMA, BMCI et SCE ont lancé des programmes de rachats d'action en Bourse.
La BMCI vise à décrocher 497.278 actions, soit 5% du capital sur 12 mois tandis que la SCE prévoit l'acquisition de 30.822 actions sur une durée de 18 mois. SOTHEMA, elle, a lancé un programme de rachat de 24.000 titres, soit 2% du capital. A savoir qu'en 2006, les assemblées générales ordinaires des actionnaires de la SAMIR, UNIMER, AUTO HALL, BMCE et Crédit du Maroc ont autorisé la reconduction pour les périodes allant de 12 à 18 mois, des programmes de rachat d'actions dans le but de régulariser les cours de ces mêmes titres.
En 2007, c'est la société Auto Hall qui ouvre le bal, elle envisage de racheter, du 9 mars 2007 au 8 septembre 2008, 5% de son capital, soit 118.000 actions. Et ce, dans une fourchette de prix comprise entre 1.000 et 1.500 DH. Reste à souligner que ce titre depuis début novembre dernier, où il avait franchi la barre des 1.000 DH, recelait un potentiel de hausse important.
C'est comme si l'information du programme de rachat aurait été déjà intégrée par la valeur.
Peut-on alors conclure que ces interventions sur le titre influent positivement sur son parcours en Bourse ? Certes, les cours en question se sont nettement améliorés depuis le démarrage des programmes de rachat les concernant, il n'en demeure pas moins que des professionnels du marché estiment que l'influence n'est pas directe. Ils n'ont qu'un effet régulateur ayant pour objet de réajuster les cours à la hausse comme à la baisse.
D'ailleurs, chaque année le CDVM relève que leur analyse ne fait apparaître aucune anomalie par rapport aux obligations légales et réglementaires qui leur incombent. D'autant, «le nombre des opérations de rachat réalisées reste relativement stable durant toute l'année et extrêmement faible par rapport au nombre maximum d'actions autorisées».
En outre, du moment que l'intention de ces sociétés n'étant pas d'annuler les titres rachetés, le programme n'aura pas d'incidence sur leur compte autre que l'enregistrement des plus ou moins-values éventuelles constatées au compte de résultat. Et ce en fonction des cours de l'action au moment de l'exécution des ordres d'achat ou de vente des titres.
Par contre, si le programme de rachat vise la destruction d'une partie des titres en circulation dans le cadre d'une réduction du capital, un effet direct est à citer, non pas sur le cours mais sur ratios boursiers de la société (bénéfice par action et cash-flow par action). Ces derniers s'en trouvent améliorés dans la mesure où sur le plan comptable, une partie des actions n'existe plus.
REPÈRES Autres exemples > La BMCI est la seule société qui n'a pas effectué de transactions sur son titre depuis le démarrage de son programme en mai 2003. > Le CDVM a visé en 2005 les notices relatives à 6 programmes de rachat, contre 3 en 2006. Les autorisations d'intervention porte sur une durée de 12 à 18 mois. -------------------------------------
Réglementation Les modalités du programme de rachat en vue de régulariser le cours ont été fixées par un décret publié en février 2003. Il fixe les normes et les conditions dans lesquelles peuvent s'effectuer les opérations de rachat. Ce décret met notamment à la charge de ces sociétés : L'obligation d'informer mensuellement le CDVM de l'ensemble des opérations de rachat effectuées, de même qu'il oblige à tenir un registre des transactions.
§ L'obligation d'établir une note d'information soumise au CDVM, préalablement à toute opération de rachat. D'ailleurs, ce décret a été complété par la circulaire du 19 mai 2003. Celle relative à la note d'information exigée des sociétés cotées à l'occasion du rachat opéré en vue de réguler le cours. Seulement, le rachat d'actions n'a pas uniquement pour objet le réajustement des cours.
Les sociétés cotées peuvent user de cet instrument pour réduire leur capital social et donc annuler leurs titres en circulation sur le marché.
Dans ce cas, la société en question doit tenir, conformément à l'article 280 de la loi relative aux sociétés anonymes, une assemblée générale extraordinaire.
Source: Le Matin
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