|
2006 a été marquée par des opérations géantes tant au niveau mondial que national. Elle a connu la plus grosse introduction en Bourse de l’Histoire, avec l’entrée sur le marché de la banque chinoise ICBC, pour quelque 22 milliards de dollars. Au Maroc, 9 nouvelles sociétés ont pris pied à la Bourse de Casablanca et le titre Addoha a suscité un inoubliable engouement.
2006 a été, mondialement, l’année boursière par excellence. Un nouveau record en termes de capitaux levés y a été réalisé, selon une étude d’Ernst and Young. 1.559 entrées en Bourse ont été recensées, et quelque 227 milliards de dollars ont été levés entre janvier et novembre 2006, contre seulement 167 milliards de dollars en 2005, avec au sommet la Bourse de Londres qui a validé son attraction notamment par rapport aux sociétés des pays émergents. En termes de secteurs, Ernst & Young constate que les domaines qui ont fait le plus leur entrée sur le marché en 2006 sont les matières premières, la technologie, les services financiers ainsi que la grande consommation, puis l’énergie.
2006 a connu aussi un nombre important de mises sur le marché avec 1.537 nouvelles sociétés, mais sans casser le record de l’année 2000 qui garde le meilleur score en termes de nombre d’introductions en bourse (1.883 introductions). Ce n’est pas le cas de la BVC. 2006 est effectivement l’année record pour la place financière marocaine. Elle y a accueilli 9 nouvelles sociétés et donc 14 nouvelles recrues durant les trois dernières années.
LA capitalisation boursière nationale est passée de 206,52 milliards de dirhams fin 2004 à 384 milliards de dirhams aujourd’hui, soit une hausse de 76 % du PIB au lieu de 46,5 %, dans un volume transactionnel de 110 milliards de dirhams et qui était de 71,7 milliards en 2004.
Par secteurs, plus de 96% de la hausse du résultat net agrégé de la cote a été généré par les télécoms, les holdings et le secteur bancaire.
CIH, BCP et Attijariwafa bank ont été les valeurs phares du secteur bancaire qui a généré les deux tiers du résultat net du marché. Le CIH a suscité l’intérêt des investisseurs et a pu renouer avec la croissance en bénéficiant d’un allégement du poids de ses provisions. La BCP a poursuivi son ascension et a bonifié sa performance grâce à une gestion active de son portefeuille.
Pour ce qui est du secteur des holdings, les valeurs ONA-SNI ont toujours été parmi les plus grandes hausses. Le holding a joui des résultats positifs enregistrés par Attijariwafa bank. Le rendement des dividendes du holding ONA est estimé à 1,7% en 2006. Les valeurs Addoha capitalisant sur l’annonce de ses projets d’investissement et de son accord de partenariat avec le Holding Emirati Al Qudra, ont eu un important effet d’entraînement sur toute la place. La valeur du titre a explosé à plusieurs occasions pour atteindre un sommet de 3200 dirhams l’action. Et à plusieurs reprises aussi, les valeurs Addoha, CIH et ONA ont monopolisé à elles seules, plus de 70% du négoce quotidien.
A rappeler que 2006 a été aussi l’année de l’émergence boursière des sociétés des technologies de l’information. Le dernier trimestre de cette année a connu l’entrée de trois entreprises du secteur, à savoir Distrisoft, Involys et HPS.
Dans cette atmosphère volumineuse, il était nécessaire que la législation accompagne ces évolutions dans un souci de garantir la protection nécessaire à l’épargne en Bourse, et de s’aligner devant les normes internationales de transparence. C’est dans ce contexte que trois textes ont été adoptés à la veille du nouvel an, le mercredi 26 décembre, par la Chambre des représentants.
Il s’agit du projet de loi n 44.06 modifiant et complétant le Dahir portant loi relative au Conseil déontologique des valeurs mobilières et aux informations exigées des personnes morales faisant appel public à l’épargne, du projet de loi n 45.06 modifiant et complétant le Dahir portant loi relative à la bourse des Valeurs, ainsi que du projet de loi n 46.06 modifiant et complétant la loi relative aux offres publiques sur le marché boursier.
Source: http://www.lereporter.ma/ |