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Des rebondissements dans le dossier de l'annulation de l'opération d'introduction en Bourse de GSI Maroc. Le Conseil déontologique des valeurs mobilières (CDVM), qui s'est très rarement vu en véritable gendarme du marché, cherche à épingler les responsables d'un incident qui restera gravé dans la mémoire des investisseurs et des professionnels du marché financier.

Au moment où nous mettions sous presse, le commissaire aux comptes, le conseiller financier de l'opération et l'émetteur sont pointés du doigt par le «régulateur de la Bourse». Dounia Taarji, directrice générale du Conseil des valeurs mobilières (CDVM), a affirmé sur les ondes d'une radio marocaine que la véracité et la fiabilité de l'information étaient à garantir par ce trio, tandis que la responsabilité du CDVM se limite à comparer les données qui lui sont fournies pour les compléter éventuellement». A préciser que le Conseil, après avoir estimé que l'épargne qui sera investie en actions était menacée, a stoppé dans l'urgence, le processus à la veille de l'ouverture des souscriptions.
Une décision qui n'est pas sans susciter des remous dans le milieu financier. Cette annulation n'était-elle pas précipitée ? Le CDVM a-t-il le droit d'annuler une opération d'introduction après lui avoir apposé son visa ? Et en quoi un incident de non acquittement des dettes, touchant la personne du propriétaire, même s'il est majoritaire, pourrait nuire à une introduction en Bourse, surtout lorsqu'elle le sera par une augmentation de capital ? Est-ce que dans l'avenir, les actionnaires majoritaires seraient obligés de bétonner leur dossier par des informations personnelles ? Le débat est actuellement grand ouvert. En effet, si les introductions en Bourse d'entreprises de grande taille et de celles ayant relevé de fonds de capital risque (Involys, HPS,…) n'avaient pas présenté de problèmes majeurs de transparence à l'introduction, on serait amené à croire que pour les PME familiales cherchant à s'introduire en Bourse, le CDVM serait dorénavant plus exigeant.
Déjà, avec le développement du marché, le dispositif réglementaire en matière d'informations exigées des émetteurs faisant appel public à l'épargne est en amélioration. De nouvelles circulaires abrogent et remplacent d'autres déjà existantes. Reste à préciser que chaque année, nombreuses sont les investigations menées par cette institution, mais sans déboucher sur aucune sanction. En effet, à l'issue des diagnostics et des contrôles analytiques effectués sur les états de synthèses publiés, elle transmet aux émetteurs et à leurs commissaires aux comptes ses remarques sur les anomalies décelées et peut encore tenir, à cette occasion, des réunions avec eux.
Un cauchemar Au moment où nous mettions sous presse, Khalid El Ibrahimi tente toujours de trouver une issue à un scandale qui porte notamment atteinte à l'image de son entreprise, GSI Maroc. Un rêve qui se transforme en cauchemar.
D'ailleurs, à la veille de l'introduction en Bourse, la société a procédé à l'augmentation du nombre de ses titres. En effet, le 16 août 2007, l'Assemblée générale extraordinaire a décidé de procéder à une réduction de la valeur nominale de l'action de 150 DH à 100 DH et de procéder à une augmentation de capital de 999.900 DH par incorporation de réserves en créant 9.999 nouvelles actions d'une valeur nominale de 100 DH. Le capital est ainsi porté à 6 MDH répartis en 60.000 actions d'un prix unitaire de 100 DH.
A cette même date, le capital est à nouveau augmenté de 4.000.000 DH par émission et création de 40.000 nouvelles actions d'une valeur nominale de 100 DH. Cette opération permet l'augmentation du nombre de titres en circulation à la veille de l'introduction. Le capital social de GSI Maroc s'établit dès lors à 10 MDH. Quant au conseiller financier de l'opération, Red River Finance, il se désole d'une situation dans laquelle il a été entraîné à cause de problèmes personnels du client.
Source: Le Matin |