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Le destinataire de l’information financière est systématiquement désigné, dans le langage des auditeurs, par l’appellation générale de « lecteur des comptes ».
Il s’agit d’un sujet de droit théorique, distinct de l’entité concernée par l’information en question (tel qu’un associé, un salarié, le comité d’entreprise, un client, un fournisseur, un créancier…), qui, agissant en bon père de famille, est appelé à exercer, au vu des documents publiés, son jugement personnel. Il est supposé connaître, mais pas dans le détail, le caractère conventionnel des règles d’établissement et de présentation de comptes annuels, l’existence d’un référentiel applicable, de principes fondamentaux et de normes comptables. Le « lecteur des comptes », pris isolément, n’est ni en position ni en mesure de s’assurer personnellement que les documents qui lui sont soumis reflètent dans tous leurs aspects le patrimoine, la situation financière et le résultat des opérations. Au plan individuel, il n’est, ni particulièrement expérimenté ni spécialement armé pour apprécier, par exemple, la concordance avec la comptabilité de chiffres mentionnés dans les documents délivrés, ni ce qu’est la notion de « sincérité » applicable à de tels documents. Chacun de ses destinataires examine l’information financière et comptable publiée, à son niveau et à son échelle. Il le fait dans un état d’esprit et avec des préoccupations qui lui sont propres, marqués par la position qui est la sienne vis-à-vis de l’entreprise. Il privilégie les aspects qui lui semblent les plus pertinents : performances, potentiel, dividendes et valeur, surface et structure financières, pérennité, maintien de l’emploi, … L’information financière et comptable est un tout. Ce tout s’examine, à la fois, composante par composante, et, aussi dans son ensemble, d’où l’importance de la cohérence, de la vraisemblance et de la pertinence du contenu qui forme le jeu complet de documents. La présence simultanée de tous les documents formant cet ensemble, leur contenu exact et le respect du référentiel sont, en la matière, des aspects essentiels. La complexité et la sophistication croissantes des principes, des concepts et des mécanismes compliquent l’appréciation, par exemple, de la qualité de l’information présentée, de sa fiabilité et de sa loyauté. Les données, leur contexte, les conditions de l’exploitation, la compréhension et l’appréciation des systèmes de traitement et d’information sont autant d’aspects essentiels à la vérification de l’information. L’accès à cette vérification est, nécessairement, à restreindre et à protéger. Le besoin d’une approche professionnelle et indépendante de vérification de l’information financière proprement dite en découle. Elle n’a de sens que pour autant que le « besoin du lecteur des comptes » soit pris en considération. Cette approche est indispensable et incontournable. Elle s’applique, d’abord, à l’environnement, aux mécanismes, aux procédures et processus concourant à l’établissement de l’information financière dans le strict respect des règles et référentiels qui la régissent. Elle s’applique, ensuite, à la matière traitée, ce, quelle que soit la taille de l’entreprise, quand bien même, exception faite de formes juridiques données qui lui semblent le justifier en tout état de cause, le législateur aurait-il dans certains cas renoncé à l’imposer pour des raisons économiques évidentes. Le besoin d’audit est inhérent à l’établissement et à la diffusion de l’information financière. Il est ressenti en interne, en termes de maîtrise des opérations et de leur traduction. Il n’en est que plus évident à l’extérieur de l’entreprise, pour des raisons de crédibilité et de confiance, notamment.
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