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Un lexique est remarquablement en vogue au Maroc, mais aussi dans tous les pays émergents. Offshoring, Nearshoring, Outsourcing, BPO... Rien de sorcier, c’est l’appellation anglo-saxonne et mondialisée, de mécanismes théoriques de la production et du commerce, en économie ouverte.
DÉCLENCHÉES dans les années 60, principalement par les firmes transnationales, les délocalisations se sont développées d’abord dans les secteurs des produits de grande consommation, demandant une forte main d’œuvre (textile, habillement, composants électroniques, jouets, horlogerie...). Par la suite, dans les secteurs technologiques complexes, enfin dans le domaine des services. Après le transfert des usines et des industries, c’était au tour des métiers de services de filer vers les pays en développement. Et dernièrement, la délocalisation a affecté également des activités industrielles au contenu technologique très élevé (composantes électroniques très sophistiquées...).
Aujourd’hui, la montée de la crise économique, l’abaissement des barrières tarifaires, la forte concurrence sur les marchés de consommation, mais surtout le développement de nouveaux métiers et activités (Fournisseurs d’accès Internet, opérateurs de Téléphonie fixe et mobile, fabricants de logiciels et équipements informatiques...) et la facilité croissante des communications, sont des facteurs dynamisants de ce mouvement de délocalisation des services à grand potentiel d’information et à forte valeur ajoutée. Mouvement dit aussi Offshoring. Comme dans toute économie ouverte et comme dans tout secteur, les professionnels ont été poussés à améliorer leur compétitivité en tirant profit des conditions de productions avantageuses des pays à bas coût de production.
Le principe de l’Offshoring (délocalisation des services) est basé sur le fait de rendre le même service existant au sein d’une structure extérieure aux entités principales de la société et de le fournir à un coût inférieur pour le même niveau de qualité. L’entreprise d’origine peut soit créer des filiales étrangères (Investissement Direct Etranger-IDE), ou sous traiter cette activité (externalisation dite également Outsourcing), par le biais d’un tiers spécialisé dans la prestation de ces services.
Les services délocalisés (réalisés en Offshore) peuvent être complexes demandant une haute qualification, tels que la recherche et développement R&d (création de process informatique, découvertes et essais scientifiques) ou les Business Project Outsourcing BPO (externalisation des services fonctionnels) notamment la gestion financière (comptabilité, facturation, analyse financière...) et activités de traitement informatique ITO (gestion d’applications, help desk...)
Mais aujourd’hui, les services les plus délocalisés, comme au Maroc, restent ceux liés à « la gestion de la relation clientèle ». Moins complexes que les premiers, ces services demandent aussi des éléments clés ou des critères stratégiques chez le pays d’accueil pour une délocalisation réussie, à part un capital humain bon marché ou une fiscalité souple...
Dans les délocalisations des services ou Offshoring, la qualification des ressources humaines (plus que son abondance) est importante. Cependant, au sein de cette délocalisation même, des facteurs apparaissent comme nécessaires dans un certain groupe de services, et négligeables dans d’autres. Les services de recherche et de gestion financière exigent, par exemple, une haute qualité du capital humain et un système éducatif puissant et clair pour pouvoir comparer les diplômes et qualifications.
En revanche, pour délocaliser les services de gestion relation clientèle à distance, il est indispensable que le pays d’accueil dispose d’un réseau Telecom performant pour pouvoir communiquer facilement et correctement. Un autre facteur stratégique, c’est l’attrait culturel. Ce dernier regroupe d’abord la maîtrise de la langue du pays d’origine ou du marché concerné par le service, la tolérance interculturelle, l’environnement social plus semblable...
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De la famille de l’Offshoring
Selon la distance géographique, le phénomène de l’Offshoring a donné naissance aux termes dérivés qui permettent de qualifier en un mot le niveau d’évolution du processus de délocalisation d’un service entrepris par une firme étrangère.
Onshoring : il s’agit pour une entreprise de délocaliser une activité sur le même territoire national. L’économie de coût est moins importante que pour les deux autres catégories, mais la proximité géographique et culturelle facilite a priori la mise en œuvre de telles solutions.
Offshore : zone de délocalisation éloignée offrant des avantages de coût très importants mais à approche opérationnelle plus complexe. Ces territoires présentent la caractéristique d’offrir des facilités considérables aux entreprises soucieuses d’échapper au cadre réglementaire de leur pays d’origine.
Nearshore : il s’agit de délocaliser dans un pays ou une zone géographiquement proche. Ce qui représente une solution intermédiaire des deux précédentes. Pour les entreprises françaises, les pays du Maghreb font partie de la zone nearshore.
Backshoring : c’est une opération de retour vers le pays d’origine. Si les différences culturelles ne sont pas maîtrisées, la délocalisation peut connaître l’échec et finir par la fermeture de l’entité ou la cessation de l’activité à l’étranger pour retourner vers le pays d’origine. On parle ici de relocalisation ou de Backshoring (L’Inde connaît un mouvement de Backshoring de certaines firmes britanniques suite aux mauvaises qualités de services qu’ont signalé des clients britanniques)
Source: www.lereporter.ma |