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Pas plus que les principes ou les lois économiques, les règles de gestion des entreprises ne sont éternelles ou immuables. Elles sont cohérentes avec les caractéristiques du système qu’elles visent à évaluer et à orienter. Dès que surviennent des changements dans les modes de régulation de ces derniers, les outils de gestion doivent alors être redéfinis...

Introduction :
L’environnement entreprenarial de nos jours est caractérisé par une réalité concurrentielle de plus en plus acharnée, cette dernière a imposé aux entreprises des enjeux capitaux de survie et de pérennité.
Cette quête de prospérité interpelle une recherche accrue et continue d’excellence, en effet les notions d’efficacité et d’efficience sont délaissé au profit d’une notion nouvelle et plus axée sur la création de valeur et la pérennisation de l’entreprise à savoir : La Performance.
La performance peut être définie comme l’ensemble des indicateurs décrivant les possibilités optimales d’un système, pour une entreprise elle se matérialise par l’atteinte d’un niveau optimum sur tous les indicateurs quantitatifs et qualitatifs susceptibles de traduire sa réussite en interne et en externe.
Pourtant ce concept ne peut guère être considéré comme un simple objectif à atteindre, mais elle doit s’inscrire dans un processus continu de remise en cause et d’amélioration de toutes les composantes de l’entreprise. De fait l’appréhension de cette notion n’est pas une tâche aisée, car elle invoque les différents volets de l’entreprise, implique tous les intervenants et touche à tous les aspects. D’où la question comment améliorer la performance de l’entreprise ?
Le souci principal dans ce contexte serait de se pencher sur les différents mécanismes d’amélioration de la performance de l’entreprise, tout en étant conscient de l’impossibilité d’adopter une solution type et miraculeuse à cet exercice. En effet les pratiques du benchmarking manageriel et malgré leurs apports considérables en terme du partage des succès stories, ne peuvent en aucun cas garantir un niveau de performance similaire en mettant en place des usages managériaux identiques à ceux des entreprises en réussite qui revendique un niveau avancé de performance.
L’incertitude des résultats à obtenir en transposant des modèles réussis qui ont abouti à l’atteinte de cette performance ailleurs pousse à convaincre que la recherche de cette dernière doit émaner d’une conviction interne des différents intervenants, et la mise en évidence des choix de gestion adaptés aux différents contextes. Toutefois cette possibilité se heurte généralement à la divergence d’opinion quant à l’appréciation de cette performance par les différents acteurs contribuant au fonctionnement de l’entreprise (actionnaires, employés, partenaires externes…) et par conséquent à la définition des démarches à suivre pour sa concrétisation.
L’inscription dans ce processus et l’investissement en cette quête de performance implique d’autre difficultés en terme de choix des méthodes et d’efficacité des différents outils de mesure de cette performance, étant donné que l’amélioration du rendement de tout processus ne peut se faire qu’en étant informé en temps réel du niveau d’atteinte des objectifs assignés.
Lors de ce dossier nous essayerons dans une première partie de définir la notion d’entreprise par le biais de ses missions et ses contraintes, nous soulèverons par la suite la notion de relativité d’appréciation de la performance par les différents acteurs contribuant à l’activité et à la gestion de l’entreprise et enfin nous survolerons la notion problématique de performance globale de l’entreprise.
PARTIE 1 : La notion de performance en entreprise.
1- L’entreprise : missions et contraintes
Définissons les principaux contours de l’entreprise en délimitant ainsi ses missions et contraintes, afin de mieux cerner le rôle de la performance dans cet environnement aux multi facettes. Est considérée comme entreprise toute entité, indépendamment de sa forme juridique, exerçant une activité économique. La fonction première d’une entreprise est variable selon l’entreprise ou même selon les points de vues au sein d’une même entreprise. Parmi les différentes fonctions réellement observées la principale mission est de servir le marché, en produisant et distribuant des biens et services correspondant à une demande. C’est sa seule justification économique. Viennent s’axer autour de ce premier aspect, l’objectif de générer du « cash-flow », de la trésorerie, qui sera investit dans le développement des activités ou d’une autre entreprise. Mais encore générer du profit tout en le maximisant. Les fonctions décrites ici existent dans toutes entreprises mais peuvent être exercées par des groupes de personnes dans le cas des grandes entreprises. Cependant, l'entreprise est dans sa globalité, et quel que soit le secteur d'activité dans lequel elle exerce ses compétences, est soumis à un certain nombre de contraintes. Celles ci peuvent globalement se résumer à la fabrication de produits de plus en plus difficiles à élaborer mais encore à un environnement de plus en plus contrôlé. Face à cet ensemble de contraintes nous pouvons observer des conditions opératoires qui, elles, s'avèrent de plus en plus rigides. Elles peuvent également se caractériser par les dimensions suivantes : - une rentabilité attendue par les dirigeants ou par les actionnaires de plus en plus forte - des marchés de plus en plus mondialisés - une pression actionnariale de plus en plus rude - des suivis gouvernementaux de plus en plus pressants Ceci pousse l’entreprise à maîtriser ses processus, en passant par le déploiement d’une stratégie de création de valeur pour aboutir à une performance globale. 2- La notion de performance globale
La mesure de la performance globale n’est pas une donnée immuable, elle est conçue à un moment donné, pour un système manageriel ayant des caractéristiques technologiques, organisationnelles, marchandes données. Cependant nous essayerons de discuter de cette question en interpellant les quatre niveaux de décision et d’évaluation de la performance d’un système finalisé défini par Van Gigch, cette approche se base sur la redéfinition des objectifs et critères attribués à chaque niveau :
2.1- Au niveau sociétal ou métapolitique : vers une évaluation sociale de la performance industrielle.
Cette optique vise à faire passer l’entreprise d’une appréhension interne du volet sociétal de l’entreprise à une approche plus externalisée considérant deux aspects majeurs de la performance :
• La dimension écologique, qui s’est désormais imposée par la prise en considération de plus en plus accrue de la préservation et la conservation de la nature dans les processus de fabrication. • La dimension sociale, qui se traduit par la prise de conscience des effets néfastes du chômage et de l’exclusion sur le rendement social global des entreprises dans leur recherche accrue d’une performance optimale.
Le soutien de ce volet sociétal par les entreprises ne peut pas se faire d’une manière spontanée, il nécessite généralement des mesures incitatives, notamment fiscales.
2.2- Au niveau physique ou opérationnel : de la productivité partielle du travail à la productivité globale des facteurs.
Ce niveau interpelle une évaluation de la performance physique, qui renvoi ici à l’idée de la recherche d’efficacité, au sens de meilleure utilisation possible de ressource pour une production donnée. Cependant la relativité du concept de productivité partielle qui en ressort (le rapport produits/ressources), amène à l’évaluation d’autre effets pervers pouvant accompagner la recherche de ce niveau élémentaire de performance, cette exigence se traduit par le fait que la mesure de la productivité est de plus en plus fréquemment doublée par la mesure d’autres critères comme la qualité, la fluidité, et la réactivité, ce qui pousse cette appréciation à substituer une appréciation partielle de la productivité par une performance globale des facteurs. L’affinement de ce raisonnement par la multiplication de ces critères aboutissant à une meilleure visibilité, ne va toutefois pas sans poser un problème de cohérence entre les différents critères. On essayera de trouver une solution à cette question en passant à un niveau d’évaluation supérieur.
2.3- Au niveau marchand ou tactique :
La thèse par laquelle on se limite à croire que la performance des entreprises industrielles réside uniquement dans l’optimisation des ressources de production ne tient pas compte de l’évidence que le marché actuellement est un marché d’acheteurs et l’écoulement de la production ne se fait plus d’une manière automatique sur ce marché. De fait ce nouvel aspect requiert de l’entreprise un passage obligé de la notion de productivité simple ou l’aptitude à bien produire à celle d’une meilleure compétitivité ou l’aptitude à bien entrer en compétition sur les marchés.
2.4- Au niveau financier ou stratégique : de la rentabilité des capitaux à la pérennité de l’entreprise.
Cette évaluation financière de l’entreprise ne doit plus se limiter à une simple analyse par le résultat (Profit/ Chiffre d’affaires), mais elle doit évoluer vers une analyse par finalité (Profit/Capital), l’ultime objectif étant de pérenniser l’entreprise en assurant une meilleure rentabilité des capitaux. Cette nouvelle contrainte ne doit pas métamorphoser l’entreprise en entité préservant les seuls intérêts des actionnaires, elle doit plutôt œuvrer pour continuité dynamique comportant toutes les créations et innovations nécessaires.
La mesure de la performance globale est un exercice délicat, qui invoque des niveaux et des critères d’évaluation multiples, d’où l’impossibilité d’en sortir avec une démarche globale cohérente de conception et d’exploitation de ces ressources, d’autant plus que les innovations en matière de définition et de mesure de performance économique de l’entreprise se réaliser difficilement.
3- La perception relative de la notion de performance de l’entreprise
L’appréciation de la notion de performance de l’entreprise ne peut que diverger par rapport aux différents acteurs qui se prononcent autour d’elle. Nous essayerons d’illustrer pour chaque acteur sa perception de cette performance.
Les actionnaires : ils sont les propriétaires de l’entreprise, traditionnellement ils associent le niveau de performance à la rentabilité assurée à leurs investissements, en profitant des contextes attractifs et favorable à l’encouragement des investissements, garantissant une compétitivité des taux de rentabilité. Cependant l’incertitude caractérisant l’environnement économique de nos jours, a poussé les actionnaires à opter pour des choix d’investissement dépassant les gains immédiats à des finalités de pérennité et de création de la valeur. Cette appréciation ne se limite plus à un rapport de rentabilité mais elle intègre également l’évaluation des opportunités de progrès et de prospérité que présente le projet d’entreprise.
Le personnel : le moteur de l’opération et de la réflexion au sein de l’entreprise, allie la performance de cette dernière au degré de satisfaction procuré par les conditions d’exercice de son fonction au sein de l’entreprise. Toute fois cette satisfaction ne se limite pas aux seuls avantages pécuniaires, elle est également impacté par la dynamique de concrétisation d’autres paliers de besoin . Le personnel n’hésite pas à se forger une identité par rapport aux valeurs de son entreprise performante lui permettant pas seulement de bien vivre mais de procurer une fierté en s’identifiant à ces différents challenge et défis relevés (Réalisations de grands projets, des résultats exceptionnels, des classements avancés par rapport aux autres entreprises…).
Les clients : pour les clients de nos jours une entreprise performante n’est plus simplement celle qui est en attente d’être sollicitée pour ensuite se permettre de concrétiser des affaires juteuses, elle doit au contraire non seulement être présente et à l’écoute de ses besoins mais elle doit pas également hésiter à accompagner les client dans leurs expression des besoins voir même provoquer ces dits besoins (les clients sont parfois incapables d’exprimer leurs besoins).
Dans cette même perspective une entreprise n’est plus performante que de part son assurance d’une prestation ou la livraison d’un produit de qualité dans les délais à un prix compétitif dans les meilleures conditions de règlement, les clients prennent de plus en plus conscience de l’obligation de tisser des relations de partenariats permettant aux deux partis de maximiser leur rentabilités respectives. Les différentes formules du service après vente, et les options des contrats cadres s’imposent comme nouveaux aspects de la performance d’une entreprise fournisseur.
Les fournisseurs : pour les fournisseurs une entreprise cliente est qualifiée de performante pas seulement en assurant ses engagements de règlement dans les meilleurs délais, mais également en se souciant des gains légitimes que doit générer les ventes pour les fournisseurs. En effet une politique d’achat et de négociation excessivement agressive peut permettre à l’entreprise de réaliser des gains mais elle provoquera certainement des pertes et le cas échéant une fuite et un éloignement des fournisseurs à traiter avec l’entreprise en question.
Il serait irréaliste de dire que tous les acteurs partagent les mêmes appréciations de la notion de performance de l’entreprise, l’illustration qui précède est une simple présentation des attentes les plus communes partagés pars les différents partenaires
PARTIE 2: L’amélioration continu de la performance au sein de l’entreprise
Avant d’aborder les leviers d’amélioration de la performance ainsi que les facteurs clés de performance, il est nécessaire de se pencher sur la définition ou du moins de préciser ce que recouvre la notion d’amélioration de la performance.
1- Qu'est-ce que l'Amélioration de la performance? Au travers des ouvrages traitant de l'amélioration de la performance, celle ci est définie comme étant un but, un processus et un système qui se focalisera sur le changement individuel et organisationnel. Pour développer une stratégie de l'amélioration de la performance, il est essentiel d'identifier les composantes du processus. Plusieurs modèles existent aujourd’hui, mais nous pouvons les résumer en six étapes clés : • Identifier les besoins liés aux lacunes de la performance • Etablir les objectifs de performance souhaitée que l'on peut mesurer et qui sont directement liés aux objectifs organisationnels. • Décider du type et du niveau de performance nécessaires pour atteindre ces buts. • Déterminer les obstacles potentiels à l'atteinte de la performance souhaitée. • Identifier les meilleures solutions et interventions au niveau de la performance que l'on peut utiliser pour surmonter ces obstacles et combler les lacunes entre la performance réelle et la performance idéale. • Effectuer une évaluation pour s'assurer que ces buts ont été atteints et que les lacunes ont été comblées. Le fait de se concentrer sur l'amélioration de la performance certains auteurs disent qu’elle entraîne des implications pour le suivi, les mesures et l'évaluation. De plus la performance est mesurée en termes de progrès vers des buts spécifiques. Pour déclarer que la performance s'est améliorée, il faut pouvoir montrer un changement mesurable de quelque sorte, selon les standards ou indicateurs préalablement établis. En parlant d'une détérioration de la performance, les théoriciens disent que la performance ne va jamais s'améliorer toute seule et, qu'une fois détériorée, elle devient de plus en plus résistante à l‘amélioration. La performance ne demeurera améliorée que s'il y a un appui de la part du système d'amélioration de la performance. Pour une stratégie d'amélioration de la performance, ceci implique qu'il faut qu'il y ait des buts clairement établis et une composante d'évaluation pour déterminer à quel point des interventions spécifiques ont réussi à atteindre ces buts. D’où ceci nous amène à nous poser la question suivante, par quel moyen ou levier peut on améliorer la performance ?
2- Les leviers de l’amélioration de la performance par la création de valeur Convaincus de sa nécessaire déclinaison comme mode de management, nous ferons de la « création de valeur » l’axe de nos interrogations concernant l'amélioration globale des performances. Un premier levier de création de valeur consiste évidemment à rationaliser les coûts. Cette démarche, largement entamée depuis une quinzaine d'années, a permis à de nombreuses entreprises de s'adapter aux nouvelles conditions de concurrence. Le second est relatif aux opportunités de croissance rentable constituant ainsi un fort levier de création de valeur. Se concentrer sur de nouvelles opportunités de croissance constitue par contre un principe dont l'effet de levier sur la création de valeur semble bien plus important. D'un autre côté, nous pouvons dire que la gestion par la valeur contribue largement au déploiement des trois stratégies majeures d'une croissance rentable et donc d’une performance de l’entreprise.
Il s'agit, en premier lieu, d'analyser la typologie de sa clientèle. Dans cet esprit, la valeur d'un client dépend des coûts nécessaires pour l'attirer et le servir et du chiffre d'affaires réalisé avec lui au cours d'une période donnée. En second lieu, il est nécessaire de gérer son portefeuille produit, de promouvoir l'innovation et de réduire les délais de mise sur le marché. Les cycles de vie des produits ne cessent en effet de se raccourcir, ce qui impose une remise en question permanente des facteurs de succès des entreprises et une innovation toujours renouvelée. Enfin, l'analyse de la valeur des canaux de distribution et différentes options de promotion des ventes, par le biais de méthodes plus ou moins sophistiquées comme les outils ABC/ABM , permet de se concentrer sur les canaux rentables existants et de promouvoir in fine le développement de nouvelles relations entre producteurs et clients.
Nous pouvons rajouter que la recherche de création de valeur, dictée par des actionnaires de plus en plus exigeants, conduit donc à une nouvelle formulation des stratégies classiques de croissance des entreprises : seuls les activités, les clients ou les modes de distribution dont la rentabilité excède le coût du capital seront dans l'absolu jugés pertinents.
Plus encore, deux autres éléments jouent substantiellement sur la création de valeur pour les actionnaires : d'une part, la motivation du personnel, d'autre part, une politique financière performante visant sans cesse l'optimisation des capitaux investis. Ainsi, créer de la valeur et donc être performant peut se conjuguer selon deux modes principaux : accroître la productivité, d'une part, et rechercher une croissance durable, d'autre part.
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