Kamal, 26 ans, étudiant en sciences politiques
« Le Maroc est un pays riche, dont les habitants sont hélas pauvres. Cela fait des années et des années que l’on attend un vrai changement. Malheureusement, cela ne vient toujours pas.
D’un point de vue politique, le despotisme est de rigueur. C’est un leurre que de dire que le Maroc est une démocratie aujourd’hui. Personnellement, je trouve ridicules et stupides les gens qui le pensent.
La démocratie, ce n’est pas seulement un « soupçon » de libertés. C’est surtout une séparation de pouvoirs, une justice indépendante, des élections libres et transparentes et un véritable Etat de droit avec comme corollaires des libertés d’expression, d’association...etc.
Sur le plan social, les disparités sont toujours aussi flagrantes. Sur la route Taddart à Casablanca, deux mondes se côtoient : le monde de la misère face à celui de l’opulence.
Globalement, la vie du citoyen Lambda ne s’améliore point. Les transports publics sont toujours dans un état lamentable, les routes le sont aussi, et la situation de la santé et de l’enseignement publics laisse beaucoup à désirer.
Paradoxalement, le Maroc « avance » à pas sûrs quand il s’agit de corruption, d’immigration clandestine, d’accidents de la circulation, d’exportation de drogue...
Ceci dit, je reste convaincu que l’avenir sera plus radieux. Comme Romain Rolland, j’estime donc qu’il faut allier le pessimisme de l’intelligence à l’optimisme de la volonté ».
Zakaria, 19 ans, étudiant en économie
Politiquement : étant un « profane » en la matière, je ne pourrais décrire en réelle connaissance de cause le contenu politique marocain. Ceci n’empêche cependant pas mon assimilation de certaines réalités flagrantes tel le manque total de crédibilité de la quasi-totalité des partis politiques, le climat soporifique régnant sur le parlement (dû selon certains à un problème des bouches d’aération !), les dépassements enregistrés en matière de droits de l’homme, une presse novice et non sérieuse ou que l’on cherche à museler dans le cas contraire...
Bref, on n’est pas encore sorti de l’auberge. Il en découle que ma vision du Maroc de 2015 est loin d’être des plus optimistes ; du moins si une réforme radicale n’est pas envisagée.
Socialement : même son de cloche en ce qui concerne le vécu social marocain. On ne peut vraiment rien espérer de notable d’une société où sévit encore un niveau monstre d’analphabétisme. Ajouter à cela des infrastructures primordiales inexistantes (Enseignement, santé, pénitenciers...) et des vices sociaux ravageurs (corruption, clientélisme, escroquerie, impunité) ; tout ceci fait frissonner. Encore une fois, on ne peut rêver d’un futur meilleur que si tout est repensé structurellement par le biais d’une réforme radicale.
Économiquement : le Maroc se situe sinon en tête de file, du moins dans un rang assez réconfortant. Son atout majeur : sa richesse. 1er exportateur mondial de cannabis, 3ème en phosphate, parmi les dix premiers en différentes ressources et matières. On a de quoi faire des envieux. Toutefois, leur mauvaise et/ou sous-exploitation fait qu’on n’obtient pas les résultats souhaités. Le secteur primaire se débat enchevêtré qu’il est dans ses problèmes. Le secteur tertiaire peine à atteindre ses objectifs ; il n’y a que le secteur de l’industrie qui se démarque et entreprend cahin-caha son ascension. Un futur des plus prometteurs est à espérer avec un peu de bonne volonté de la part des dirigeants et notamment en matière de politique de travail et de recherche scientifique.
Source: etudiant.ma
|