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Entretien avec Amine Belkeziz, DG de Upline Group
«Nous devions garder notre propre personnalité»
· «Le CA reflète la proportionnalité de l’actionnariat»
· Les ambitions pour la banque privée

- L’Economiste: Où en est l’absorption des filiales de la BCP?
- Amine Belkeziz: Le rapprochement avec la BCP nous a permis de racheter les filiales de la banque d’investissement existantes au sein du groupe. Nous avons racheté 100% de Allstitmar Chaâbi, société de gestion d’actifs pour compte de tiers, et 100% de Al Wassit qui est une société de bourse, mais également un dépositaire. Nous détenons également 40% de Mediafinance. Cette structure intervient dans l’activité d’intermédiaires en valeur du trésor, mais dispose également d’une licence de banque. C’est à travers elle qu’on développera la banque privée du groupe.
- Que deviendront Allstitmar Chaâbi et Al Wassit?
- L’objectif premier était de mutualiser les activités et les équipes afin de développer des synergies. Après, comme la loi de Finances permet de faire des fusions intragroupe en ayant un report fiscal, nous allons faire absorber Allstitmar Châabi par Upline Capital Management. Il s’agit de réunir les fonds au sein d’une même structure avec une seule équipe de gestion. Concernant l’activité d’intermédiation boursière, elle sera regroupée au sein d’Upline Sécurities. Al Wassit servira à développer notre site de bourse en ligne. Ce sera un site institutionnel qui vendra les produits d’asset management, d’intermédiation, de private equity, OPCVM… Al Wassit gérera également toute l’activité de dépositaire pour la bourse en ligne. Elle pourra également vendre ses services à d’autres sociétés de bourse qui ne sont pas dépositaires et/ou qui veulent externaliser cette activité.
- Comment avez-vous géré le risque de culture pour des entreprises qui sont au départ différentes?
- Il était clair au départ qu’il ne fallait pas bouleverser la culture et l’esprit existant d’Upline. Nous devions garder notre propre personnalité et avoir une certaine autonomie de gestion, ce qui nous a été accordé aujourd’hui. D’ailleurs, nous avons conservé notre identité visuelle.
- L’actionnariat d’Upline Group fait beaucoup fantasmer. Quelle est la situation exacte aujourd’hui?
- Le capital de la société est détenu à hauteur de 67% par le groupe Banque Populaire et 33% par Maghreb Investment Limited. Ce dernier est un fonds d’investissement de personne physique marocco-émirati. Il est présent dans le tour de table de Upline depuis 1999.
- Est-ce que les prérogatives sont clairement identifiées en matière de gouvernance?
- Nous sommes organisés en conseil d’administration (CA) avec à sa tête le président du groupe BCP. Le CA reflète la proportionnalité de l’actionnariat aujourd’hui. Tous les patrons de pôle sont représentés. Maghreb Investment Limited dispose de 3 administrateurs. Quant aux décisions, elles sont prises avec l’aval du CA. Nous avons mis en place une stratégie avec le cabinet McKinsey. Maintenant, j’ai en charge de la décliner d’ici 2014
- Et pour la banque privée, quelles sont vos ambitions?
- Elle sera un outil de distribution de nos produits d’asset management, de private equity, de conseil et même de gestion patrimoniale. Nous voulons faire de la gestion de portefeuille et de patrimoine la clé de notre thématique de travail. Mais l’objectif est de mettre en place une vraie banque privée calquée sur les modèles suisse ou luxembourgeois notamment. Nous envisageons éventuellement la mise en place de cette banque privée avec un partenaire métier déjà installé pour nous permettre des gains de temps.
Source: Propos recueillis par Mohamed BENABID et Franck FAGNON http://www.leconomiste.com/ |