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Notre expert cette semaine: Mr Amal Bouamama est Ingénieur de l’Ecole Polytechnique, diplômé statisticien économiste de l’ENSAE et titulaire d’un MBA. Il occupe le poste de Chef de la Division Contrôle de gestion au sein de l’ONE depuis 1996.
Babfinance: Que pensez vous du contrôle de gestion au Maroc ?
A.B: C’est une activité mal connue, qui porte mal son nom. En effet, le contrôle de gestion est souvent assimilé au contrôle des coûts et du budget. L’aspect pilotage des performances est généralement ignoré ou présenté comme un effet de mode et non une première motivation. Les acteurs responsables de sa mise en œuvre sont perçues comme des vérificateurs, est-ce de leur faute, car soucieux de pouvoir au sein de l’entreprise et de leur mauvaise présentation de leur mission ou de celle de leurs partenaires dans l’entreprise qui les veulent voir se cantonner dans une logique de vérification des chiffres et non d’anticipation de l’avenir et de l’amélioration des performances, car cela dérange quand ça ne vient pas du ‘TOP’.
Babfinance: Pouvez vous nous expliquer comment l’ONE a réussi à mettre en place un contrôle de Gestion performant ?
A.B: Ceci est mieux décrit dans un article que j’avais rédigé intitulé ‘ La Mutation du Contrôle de Gestion à l’ONE ; publié dans le N°102 Novembre 2004 Edition AFITEP ; La Cible : Revue Francophone du Management de Projet. La démarche pourrait être résumée en quatre points essentiels : 1- l’engagement du TOP Management à vouloir disposer d’un outil de pilotage des performances, appelé ‘contrôle de gestion’ 2- le choix des acteurs responsables de la mise en œuvre 3- la conceptualisation de l’outil 4- la mise en œuvre graduelle en s’assurant de l’adhésion des acteurs au sein de l’entreprise Je pense que nous pourrions revenir plus en détail sur des chapitres de la mise en œuvre de ce processus au sein de l’ONE, des difficultés rencontrées, des succès obtenus et du restant à faire.
Babfinance: Quels sont les facteurs clé de succès pour réussir une bonne implémentation d’un contrôle de gestion ?
A.B: En vue d’assurer le maximum de succès à la mise en place de cet outil de management, je recommande les éléments suivants :
• L’exigence de discipline. • La rigueur dans la démarche. • La flexibilité dans le processus chaque fois que cela s’avère nécessaire. • L’engagement de la hiérarchie à faire adopter progressivement les outils de travail. • Un travail d’équipe. • Un pilote pour maintenir au ‘beau fixe’ la motivation des acteurs responsables de l’implémentation. • Ne pas être pressé d’obtenir des résultats immédiats au profit d’efforts à doses homéopathiques, car il s’agit de convaincre les mentalités de l’utilité de la logique, de sa simplicité et de ses effets positifs sur leur évaluation de performance.
Babfinance: Enfin, quels sont vos conseils aux contrôleurs de gestion ?
A.B: Se concentrer sur son métier et à ce sujet j’aimerai lever une ambiguïté, le contrôleur de gestion n’est pas un financier et il est loin de l’être, il doit être un expert du métier de l’entreprise dans laquelle il travaille pour apporter une véritable valeur ajoutée à ses partenaires, qui ne doivent pas le voir comme le ‘bonhomme des chiffres’. Pour moi, le contrôle de gestion est ce qu’on appelle aujourd’hui ‘business performance management’. Il ne doit pas oublier que son environnement n’est pas tout à fait rationnel et objectif, qu’il fait appel à du bon sens, de logique et de l’intuition. Sur un autre volet, le contrôle du pilotage des performances s’applique aussi à son activité et il doit avoir le souci de mesurer sa performance.
Babfinance: Mr Amal Bouamama, Merci et à bientôt pour un autre avis d'expert.
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